Epi-neux

Publié le par maguy

Moi : Chéri, ça t’embêterait de m’accompagner chez B.. telecom demain ? Je dois changer mon portable.

 

Chéri : Demain ? Oh non, j’ai déjà plein de trucs à faire !

 

Moi : Allez, s’il te plaît !

 

Chéri : Mais tu peux y aller seule, non ? Je ne vois pas pourquoi tu aurais besoin de moi !

 

Moi : Eh bien, je ne sais pas. Suppose que je ne trouve pas la rue et que je me perde ?

 

Chéri : C’est une blague ? La boutique est rue du Fort. Cette rue-là, tu l’empruntes au moins une fois par semaine pour aller au cinéma, à la bibliothèque…

 

M. :  Mais si j’étais distraite et que je me trompais de chemin ?

 

C. : Bon, réfléchissons. Tu vas souvent à la bibiothèque, non ?

 

M. : Si.

 

C. : Et est-ce que tu t’es déjà trompé de chemin une seule fois ?

 

M. : Non, jamais.

 

C. : Alors, tu vas faire comme si tu allais à la bibliothèque sauf que, quand tu verras la boutique B…, hop ! tu freines. Enfin, pas trop brutalement s'il y a quelqu'un derrière toi.
 

M. : Suppose que je ne trouve pas de place pour me garer

 

C. : Mais la boutique est dans une rue où il y a plein de places de parking. Je suis déjà passé par là des centaines de fois, à chaque fois, il y en avait au moins quatre ou cinq de libres.

 

M. : Oui mais à part ce parking-là, il n’a pas d’autre endroit où se garer avant plusieurs kilomètres.

 

C. : Pourquoi « à part ce parking-là » ?.Qu’est-ce que tu lui reproche ? Je l’ai toujours trouvé très bien, moi.

 

M. : Oui, toi, évidemment.

 

C. : Qu’est-ce que ça veut dire ?

 

M. : Je ne peux pas me garer là-bas.

 

C. : Et pourquoi ? Ne me dis pas que c’est parce qu’il n’y a pas de places à l’ombre, avec la température extérieure en ce moment, ce n’est vraiment pas un problème.

 

M. : Parce que là-bas, on est obligés de se garer en épi en marche arrière.

 

C. : Et alors ?

 

M. : Alors, je suis incapable de faire ça, voilà !

 

C. :  Mais enfin, ce n’est pas très compliqué !

 

M. : Evidemment, pour toi qui arrives à faire des créneaux du premier coup, c’est un jeu d’enfant mais moi je n’ai jamais été fichue de me garer en marche arrière, encore moins lorsqu’il faut se garer en épi.

 

C. : Il suffit de tourner légèrement le volant, puis de remettre les roues droites lorsque la voiture fait le bon angle et ensuite de laisser aller : je ne vois pas ce qu’il y a de difficile là-dedans.

 

M. : Oui, je connais la théorie mais qu’est-ce que tu veux, je n’ai jamais pu le faire en pratique. A l’auto-école, le moniteur a failli devenir dingue. Il m’a fait essayer et réessayer au moins mille fois : à chaque fois j’étais complètement de travers. A la fin, c’était presque un gag entre nous. Heureusement qu’ils ne me l’ont pas demandé pour l’examen du permis de conduire, sinon je ne l’ai jamais eu. Ma mère n’a jamais pu se garer en marche arrière non plus, ça doit être génétique.

 

C. : Bon d’accord, demain je viendrai avec toi et je garerai la voiture mais à une condition.

 

M. : Laquelle ?

 

C. : Ce week-end, on ira sur un parking isolé et tu t’entraîneras à te garer en marche arrière parce que je ne serai pas toujours là pour t’aider à te garer.

 

M. : D’accord.

 

C. : Vraiment ?

 

M. : Mais oui.

 

C. : Ca me surprend un peu que tu acceptes tout de suite : je m’attendais à une longue discussion…

 

M. : Chéri, mon moniteur d’auto-école et mon père ont tous les deux essayé de m’apprendre à ma garer en marche arrière. C’étaient deux hommes d’une patience légendaire et ils ont tous les deux renoncé. Je te connais : tu ne tiendras pas dix minutes !

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