J'ai frôlé la catastrophe

Publié le par maguy

Bon, alors, à la demande générale voici la fameuse histoire qui s’est déroulée par une nuit d’été alors que Mon Chéri et moi rentrions d’une fête.

 

Mais avant quelques précautions d’usage : oui, je sais ce que j’ai fait n’était pas bien, illégal voire même dangereux mais je vous assure que le frousse que j’ai eue ce soir-là m’a fait passer toute envie de recommencer et je vous supplie de ne jamais m’imiter.

 

Donc, « tout est arrivé ce soir de juin, on donnait une fête » (les fans de Polnareff reconnaîtront) à laquelle Mon Chéri et moi étions invités. Au moment de prendre le départ, il s’avère que lui et moi étions b…, avions consommé un peu plus d’alcool que ce qui est autorisé par la loi. Malgré les exhortations de Chéri, je refuse de laisser ma voiture là où elle était (le quartier étant peu sûr, j’avais toutes les chances de la retrouver le lendemain avec les roues en moins, voire de ne plus jamais la revoir).

 

Je roulais donc tout à fait prudemment pour éviter d’être arrêtée par la police et j’arrive au périphérique situé à quelques kilomètres de chez nous. Ce périphérique est en fait une longue ligne droite entrecoupée de plusieurs feux. Lorsque tous les feux sont verts (fait rarissime), ça permet une traversée agréable de la ville.

 

Je m’engage sur la voie périphérique et commence à franchir les différents feux, tous verts par miracle, criant gaiement « Et hop ! » à chaque passage de feux. J’arrive vers le dernier feu avec l’intuition que celui-ci va passer au rouge incessamment sous peu et j’accélère.

 

Chéri : Mais ralentis, ce feu va passer au rouge.

 

Moi : M’en fous.

 

Chéri : Mais freine, bon sang, il est orange, il faut que tu t’arrêtes.

 

Moi : Non, je n’ai pas envie de freiner. Il faut toujours attendre dix plombes à ce feu. Je passe. Et hop !

 

Et je grille glorieusement le feu rouge.

 

Chéri (maussade) : Ah, c’est malin.

 

Moi : Oh, ça va, tu ne vas pas me faire la morale, il est trois heures du matin, il n’y a pas un chat à ce carrefour, on n’allait quand même pas s’arrêter.

 

Chéri : Pas un chat, tu es sûre ?

 

A ce moment-là, une sirène de police vient contredire mon affirmation.

 

Chéri : Il me semblait bien avoir vu un gyrophare dans le coin.

 

Moi (angoissée) : Oh non, tu crois qu’ils m’ont vu ?

 

Les manœuvres des policiers qui se collent derrière nous laissent peu de place au doute.

 

Chéri : Il faut que tu t’arrêtes sur le bas-côté.

 

J’obtempère et commence à trembler tandis qu’un policier descend de la voiture.

 

Moi : A ton avis, qu’est-ce que je risque ?

 

Chéri :  Pour un feu rouge grillé, c’est au minimum 4 points et 100 euros d’amende mais ils peuvent aussi te retirer le permis.

 

Moi : Quoi ?

 

Chéri : Et s’ils te font passer un alcootest alors là…

 

Moi : Chéri, si on échangeait nos places ?

 

Chéri : Ah non, ma grande, c’est toi qui as grillé le feu, c’est ta responsabilité.

 

Pendant ce temps, le policier est arrivé à notre hauteur. J’abaisse la vitre et lui adresse mon plus beau sourire. Après vérification des papiers, il me demande si je sais pourquoi il m’a arrêté.

 

Moi : Je suppose que c’est parce que j’ai grillé le feu rouge mais vous savez monsieur l’agent…

S’ensuit un plaidoyer sur la fatigue, l’envie de retrouver son lit, les réflexes émoussés, les risques très limités à un carrefour désert…

Moi : En conclusion, monsieur l’agent, j’ai bien conscience que je mérite d’être punie et je vous demande seulement d’être un peu indulgent. (et de nouveau mon sourire le plus éblouissant)

 

Le policier toussote, me regarde, hésite et finit par dire : « Bon, ça ira pour cette fois. »

 

Moi : Oh merci, monsieur l’agent, merci beaucoup.

 

Le policier : Mais que je ne vous y reprenne plus, hein ? La prochaine fois, lorsque le feu passe au rouge, vous vous arrêtez, carrefour désert ou pas.

Moi (l’euphorie me faisant parler sans réfléchir) : Oui, promis. Mais vous savez, là, c’est parce que je n’avais pas envie de freiner.

 

Aussitôt, j’ai envie de me mordre la langue ou de courir me cacher dans le trou de souris le plus proche. Le policier se penche de nouveau à la portière.

 

Le policier : Qu’est-ce que vous venez de dire, là ?

 

Moi (rouge et muette) : …

 

Chéri (se décidant enfin à voler à mon secours) : Elle a dit qu’elle n’avait pas envie de traîner. Oui, parce que vous comprenez, nous avons laissé notre petit garçon de trois ans à la maison avec une baby-sitter et on est un peu inquiets parce que ça ne se passe pas toujours très bien. La dernière fois, il a failli foutre le feu à la maison…(là, Chéri s’arrête, ne sachant plus quoi inventer)

 

Le policier nous dévisage à présent d’un air suspicieux. Finalement (après ce qui me semble être des heures), il se redresse et nous fait signe de partir.

 

Moi (quelques mètres plus loin) : Yes, yes , yes, yes !! Tu te rends compte, non mais tu te rends compte, je n’ai rien eu, rien !!

 

Chéri : …

 

Moi : Tu ne dis rien ?

 

Chéri : Humpf.

 

Moi : Qu’est-ce qui se passe, tu es fâché ? Je ne comprends pas : tu devrais être content pour moi. Tu aurais préféré qu’ils me retirent le permis ?

 

Chéri : Non, bien sûr que non.

 

Moi : Alors ?

 

Chéri (exposant d’un coup) : C’est pas juste, voilà tout ! Moi, un jour, j’ai été arrêté, je roulais à 55 km/h en agglomération : ils m’ont collé une amende de 90€ et un point de moins ! Mais, toi, tu commets un acte autrement plus grave et on te laisse tranquille, parce que tu es une fille et que tu portes une robe moulante. C’est vraiment pas juste ! Ah, qu’on revienne encore me parler d’égalité de traitement entre les hommes et les femmes.

 

Moi : Oui, tu n’as pas tort. Mais est-ce vraiment parce que je suis une fille ? Si toi aussi tu avais eu une robe moulante lorsqu’on t’a arrêté, peut-être que…

Publié dans En voiture

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Sandra 02/12/2008 22:16

ton mec est une perle, gardes le, chouchoutes le!!!!! Parce que des histoires comme ça on en veut encore beacoup!!!!!

maguy 03/12/2008 00:55


Je vais essayer...


Caro 02/12/2008 20:14

hihihi enfin on la connait ton histoire !!! Et c'est vrai que malgré que ce ne soit pas un exemple à suivre...je comprends que tout le monde rigoooole .....

maguy 03/12/2008 00:57


Une fois le choc initial digéré, on en rit aussi beaucoup tous les deux.


MamanCélib 02/12/2008 18:09

Ton sourire doit vraiment être éblouissant ;-)

maguy 03/12/2008 00:54


Et la robe était vraiment très décolletée et moullante (je pense que ça a aidé).


Malira 02/12/2008 15:07

Mdr... La réponse de ton homme est justifiée je pense!
Et tout c'est clair que tu as eu beaucoup de chance sur ce coup là car ça aurait pu te couter cher...!

maguy 03/12/2008 00:52


Je suis totalement d'accord avec toi !


Armelle 02/12/2008 14:43

Comment tu as eu de la chance !
En plus en général l'haleine alcoolisée ça passe pas inaperçu !
Veinarde !

maguy 03/12/2008 00:52



En effet, j'ai eu une chance folle