Aujourd’hui, le dessin qui illustre mon article provient du blog très drôle de Margaux Motin sur lequel je vous invite tous à aller faire un tour (par exemple en cliquant ici).
Cette illustration m’a beaucoup fait rire et m’a rappelé un épisode des nos aventures qui s’est déroulé il y a déjà très longtemps (aux environs de la Préhistoire). A cette époque, Mon Chéri qui avait été couvé par sa môman pendant des années n’avait qu’une vague notion des tâches ménagères les plus élémentaires. Malgré sa bonne volonté, il déclenchait souvent des catastrophes. Un jour, j’ai commis l’erreur fatale de lui faire confiance et… voilà le résultat.
Mon Chéri me trouve accroupie dans la salle de bains.
Chéri : Qu’est-ce que tu fais ?
Moi : Ca se voit, non ? Je trie le linge sale.
Chéri : Pourquoi, tu veux faire une lessive ?
Moi : Non, pas du tout, je me suis juste dit que ce serait beaucoup plus décoratif dans la salle de bains si le linge sale était réparti en plusieurs tas de couleurs différentes (remarquant l’air affolé de Chéri) Non, je plaisante, bien sûr que je veux faire une lessive.
Chéri : Mais tu n’avais pas encore une présentation à préparer pour ton boulot ?
Moi : Si, mais il y a aussi urgence pour la lessive. Bientôt, la pile de linge sale va pouvoir concurrencer le mont Everest.
Chéri : Ecoute, si tu veux, je peux me charger du linge sale.
Moi : Tu es sûr ?
C. : Il suffit de séparer le blanc et les couleurs, non ?
M. : En principe, oui, mais en fait c’est un peu plus compliqué que ça.
C. : Je pense que ça devrait être dans mes cordes.
M. : Mais tu es vraiment sûr de vouloir faire ça, tu ne préfèrerais pas plutôt regarder la télé ou faire autre chose ?
C. : Tu ne veux pas que je t’aide ?
M. : Ce n’est pas ça mais… j’ai peur que tu fasses une bêtise.
C. : Quelle bêtise est-ce que je pourrais faire en triant le linge ?
M. (réticente) : Bon, mais tu fais bien attention, hein ? Et surtout, surtout, tu ne mets pas la machine en marche, tu m’appelles avant pour que je vérifie.
C. : Promis. Et merci de me témoigner ta confiance en me confiant une mission aussi difficile.
Après quelques hésitations, je descends dans le bureau où je me consacre à ma présentation. Quelques instants plus tard, je suis dérangée par un ronronnement qui me semble familier : celui de la machine à laver en marche. Aussitôt, je fonce dans la buanderie où je retrouve Mon Chéri qui contemple la machine d’un air satisfait.
Moi (essoufflée) : Mais qu’est-ce que tu as fait ? Qu’est-ce que tu as fait ?
Chéri : Tu vois, j’ai lancé une lessive.
Moi : Mais tu avais promis que tu m’appellerais avant.
Chéri : Je t’ai appelé mais tu ne m’as pas répondu.
M. : Il fallait appeler plus fort.
C. : J’ai pensé que tu étais concentrée sur ton travail et je n’ai pas voulu te déranger.
M. : Bon, allons-y, évaluons les dégâts tout de suite.
C. : Mais enfin pourquoi es-tu si pessimiste ? Pourquoi pars-tu tout de suite du principe qu’il y aura des dégâts ?
M. : Parce que je te connais. Alors qu’est-ce que tu as mis dans la machine ?
C. : Le linge blanc.
M. :TOUT le linge blanc ?
C. : Ben oui.
M. : Oh, mon Dieu. Et à quelle température as-tu mis la machine ?
C. : A 60°, bien sûr. Ma mère dit toujours qu’on lave le linge blanc à 60°.
M. : Mais pourquoi n’ai-je pas écouté mon intuition féminine et ne t’ai-je pas interdit sous peine de mort de t’approcher de la corbeille à linge sale ?
C. : Enfin, quoi, qu’est-ce qu’il y a ? Ma mère a toujours lavé le linge blanc à 60°.
M. : Non, mon Chéri. Ta mère a toujours lavé le linge blanc EN COTON à 60°, nuance !
C. : Tu veux dire que tous les blancs ne se lavent pas à 60° ?
M. : Gagné. Leçon de lessive n°1 : oui, la couleur du linge est importante mais ce qui est aussi essentiel, c’est sa composition : on ne lave pas un vêtement blanc en coton ou en laine à la même température.
C. (penaud) : Je suis vraiment désolé, je ne savais pas. J’étais sûr qu’on lavait tout le blanc ensemble.
M. : Bon, ce n’est peut-être pas très grave, tout dépend de ce qu’il y avait comme vêtements bl… Attends une minute, attends une minute ! Oh, non, oh, non !
C. : Quoi ?
M. : Dans le linge que tu avais mis dans la machine, tu te souviens s’il y avait un petit pull blanc avec des torsades ?
C. : Oui, je suis presque sûr qu’il y était.
M. : Oh, c’est pas vrai, c’est pas vrai ! Tu as ruiné mon pull préféré, mon petit pull Naf-naf qui m’allait tellement bien, qu’on aurait dit qu’il avait été fabriqué juste pour moi.
C. (humble) : Mais peut-être qu’il sortira indemne de la lessive ?
M. : Indemne ? Ce pull est composé de 70% d’acrylique et de 30% de laine et ça, ça fait 100% de bonnes raisons de ne pas dépasser 40° au lavage.
C. (innocent) : Et si on les dépasse, qu’est-ce que ça fait ?
M. : Ca fait comme qui dirait rétrécir le linge.
C. : Mais rétrécir beaucoup ou juste un tout petit peu ?
M. : Disons qu’après ce passage à la machine, je vais pouvoir l’offrir à la voisine pour son shar-peï, ça lui fera un petit pull pour l’hiver.
C. : Je suis vraiment, vraiment désolé. Dis-moi ce que je peux faire pour me faire pardonner.
M. : Ah, ça je vais te le dire. Dès demain, tu m’accompagnes à la boutique et tu m’achètes deux pulls.
C. : Pourquoi deux ? Je ne t’en ai abîmé qu’un que je sache.
M. : Un pour le pull que tu m’as ruiné, un pour le préjudice subi.
C. : Tu ne perds jamais le nord, toi, hein ?
Et demain, ne manquez pas la suite des aventures du petit pull blanc.
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