Au lit

Jeudi 20 novembre 2008

Il y a quelques temps, dans la chambre.

 

Moi : Chéri, j’ai remarqué quelque chose.

 

Chéri : Oui ?

 

Moi : Nous dormons toujours du même côté du lit : toi à gauche et moi à droite.

 

Chéri : Si tu te trouves face au lit.

 

Moi : Quoi ?

 

Chéri : Parce que si tu tournes le dos au lit, alors je suis à droite et toi à gauche.

 

M. : Euh… oui peut-être … enfin, ce n’est pas le sujet. Ce que je voulais dire, c’est : pourquoi ?

 

C. : Pourquoi quoi ?

 

M. : Pourquoi est-ce que je dors à droite du lit et toi à gauche ?

 

C. : Mais je n’en sais rien. Je suppose que, la première fois que nous avons dormi dans le même lit, tu t’es mise à droite et moi à gauche, voilà tout.

 

M. : Ah oui, donc il n’y a pas de raison particulière à ce placement ?

 

C. : Je ne pense pas, non.

 

M. : Alors, rien ne s’oppose à ce que nous échangions.

 

C. : A ce que nous échangions quoi ?

 

M. : Eh bien, nos places dans le lit.

 

C. : Et pourquoi ferions nous ça ?

 

M. : Pour voir.

 

C. : Je ne suis pas sûr d’en avoir envie.

 

M. : Et pourquoi pas ?

 

C. : Je ne sais pas, je me sens bien à gauche.

 

M. : Mais peut-être que tu te sentirais encore mieux à droite.

 

C. : Peut-être, mais je ne crois pas.

 

M. : Mais moi je voudrais bien essayer le côté gauche. Je ne vois pas pourquoi tu aurais le monopole de la gauche du lit.

 

C. : Le côté gauche ne doit pas être très différent du côté droit, tu sais.

 

M. : Alors pourquoi est-ce que tu refuses de changer ?

 

C. : J’ai mes habitudes, c’est tout.

 

M. : Justement ! Tu t’enfonces dans la routine. Et la routine, c’est la mort du couple.

 

C. : Quoi ?

 

M. : Tout le monde sait que le changement est très bon au sein du couple pour lutter contre l’ennui.

 

C. : Chérie, ne t’inquiète pas. Avec toi, je ne m’ennuie jamais. Pas besoin de changer de place pour ça.

 

M. : Mais quand même, tu ne veux pas essayer ? Allez, s’il te plaît.

 

C. : Mais pourquoi tiens-tu tellement à prendre l’autre côté du lit.

 

M. : Je viens de te l’expliquer.

 

C. : Non, je suis sûr qu’il y a autre chose. Allez, crache le morceau.

 

M. : Eh bien… je pensais juste que ce n’était pas juste que j’aie toujours le plus mauvais côté du lit.

 

C. : Comment ça, le plus mauvais côté ?

 

M. : Enfin, c’est le côté de la fenêtre.

 

C. : Et alors ?

 

M. : Et alors, on est presque en hiver.

 

C. : Ecoute, je suis certainement un abruti, mais je ne vois pas le rapport.

 

M. : Mais c’est pourtant évident. Je suis plus proche de la fenêtre donc, en hiver, avec les courants d’air, il fait plus froid de mon côté que du tien, tu piges là ?

 

C. : Mais c’est n’importe quoi ! La fenêtre est parfaitement isolée, il n’y a aucun courant d’air.

 

M. : Donc, selon toi, les deux côtés sont quasiment identiques et il n’y a pas de courant d’air.

 

C. : C’est exactement ça.

 

M. : Dans ce cas, tu ne verras aucun inconvénient à changer de place avec moi. Merci Chéri !

 

 

 

 

 

Par maguy
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Samedi 1 novembre 2008

Dans la chambre, au milieu de la nuit.

 

Moi : Chéri, tu dors ?

 

Chéri (grognant) : Plus maintenant.

 

Moi : J’arrive pas à dormir.

 

Chéri : Tu n’as qu’à compter les moutons.

 

Quelques minutes plus tard.

 

Moi : Chéri..

 

Chéri (exaspéré) : Quoi encore ?

 

Moi : J’en suis à 478 moutons et je n’arrive toujours pas à dormir.

 

Chéri : Ecoute, j’en suis vraiment désolé pour toi mais qu’est-ce que tu veux que je fasse ?

 

Moi : Tu ne veux pas me raconter une histoire ?

 

C. : Quoi ?

 

M. : Quand j’étais petite, mon père venait toujours me dire bonne nuit et me racontait une histoire et je m’endormais souvent tout de suite après.

 

C. : Oui, mais là tu as un peu grandi depuis, non ?

 

M. : Oh, s’il te plaît, s’il te plaît.

 

C. : Bon d’accord. Il était une fois une petite fille qui portait toujours une cape rouge…

 

M. : Ah non, pas le petit Chaperon rouge, je n’ai plus trois ans, quand même. Raconte-moi une histoire d’adulte.

 

C. : Alors, hier au boulot un collègue a planté son ordinateur et…

 

M. : Ah non pitié, pas encore une de tes histoires de boulot, non, une histoire intéressante.

 

C. : Troisième tentative. Il était une fois un prince très beau, un sosie de Pierce Brosnan jeune.

 

M. : Continue, tu m’intéresses.

 

C. : Ce prince habitait dans une contrée lointaine dans un magnifique château recouvert d’or. Il avait une belle chambre avec un lit à baldaquin.

 

M. : Oh, j’adore les lits à baldaquin !

 

C. : Ce prince aurait pu être très heureux s’il n’y avait eu une difficulté.

 

M. : Laquelle ?

 

C. : La princesse, sa femme, le réveillait régulièrement la nuit et l’empêchait de dormir.

 

M. : Oh, le pauvre, quelle idiote, cette princesse.

 

C. : Heu, tu as bien  compris que je parlais de nous là, n’est-ce pas ?

 

M. : De nous ? Comment ça ?

 

C. : Eh bien, le prince et la princesse, c’est nous. J’ai fait une espèce de métaphore, si on veut.

 

M. : Alors, toi, tu es le prince ? Le sosie de Pierce Brosnan ? Pfff, laisse-moi rire.

 

C. : Bon, le mot « sosie » est peut-être un peu exagéré mais il est vrai qu’on a certains points communs lui et moi, non ?

 

M. : Il faut vraiment les chercher au microscope, tes points communs ! Et moi, je t’empêche régulièrement de dormir ?

 

C. : Encore une fois, « régulièrement », c’est beaucoup dire mais tu admettras que tu me réveilles quand même de temps en temps en pleine nuit, alors que j’étais tranquillement en train de dormir. Tiens, comme là maintenant, par exemple.

 

M. : Eh bien, si tu n’es pas content, tu sais ce qu’il te reste à faire ? Va dormir dans le lit à baldaquin de ton château dans ta contrée lointaine, Pierce Brosnan junior.

 

Par maguy
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Samedi 25 octobre 2008

D’habitude, Mon Chéri se lève plus tôt que moi parce que son lieu de travail est plus loin de la maison que le mien (et aussi parfois pour aller chercher le pain et les croissants). Mais aujourd’hui, exceptionnellement, il peut rester au lit plus longtemps, il commence à travailler plus tard. Il peut donc profiter de cette vision charmante : moi, au réveil !

 

Sonnerie de mon réveil.

 

Moi : Huuuumpf !

 

Chéri : Allez, c’est l’heure de te lever.

 

Moi : Nooon !

 

Chéri : Mais, si, allez lève-toi.

 

Moi : Ca te va bien de dire ça, toi qui peux encore dormir tranquillement.

 

Chéri : Je te ferai remarquer que d’habitude c’est moi qui me lève le premier et que je ne fais pas tant d’histoires !

 

Moi : Oooh pourquoi je dois me lever ?

 

Chéri : Pour aller travailler, je dirais.

 

M. : Merci chéri, très encourageant ! Maintenant j’ai encore moins envie de sortir du lit.

 

C. : Pour voir le soleil briller, profiter du chant des oiseaux.

 

M. : Ah, le soleil brille ?

                                                           

C. : Comment veux-tu que je le sache, les volets sont encore fermés.

 

M. : Alors pourquoi parles-tu du soleil et des petits oiseaux ?

 

C. : Mais pour te motiver ! Si j’avais dit pour profiter du froid et du brouillard matinal, tu aurais encore râlé.

 

M. : Non, mais vraiment, je ne peux pas me lever maintenant. Je vais rester au lit encore cinq minutes.

 

C. : Chérie…

 

M. : Cinq minuscules minutes !

 

C. : Bon.

 

Vingt-cinq minutes plus tard, le réveil de Mon Chéri sonne.

 

M. : Quelle heure est-il ?... Quoi ? Déjà ? Mais je vais être super en retard ! C’est ta faute, ça !

 

C. : Moi ?

 

M. : Oui, toi. Pourquoi ne m’as-tu pas réveillé au bout de cinq minutes comme je te l’avais demandé ?

 

C. : Mais tu ne me l’as jamais demandé !

 

M. : C’était sous-entendu. Tu sais très bien que, quand je me rendors le matin, je n’arrive plus à me réveiller toute seule avant plusieurs heures !

 

C. : Mais…

 

M.(sortant du lit à toute allure) : Ah, je te jure, on ne peut vraiment jamais compter sur toi !

 

 

Par maguy
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Lundi 20 octobre 2008


Au milieu de la nuit.

 

Moi : Chéri, chéri, réveille-toi !

 

Chéri : Humpf… qu’est-ce qui se passe ?

 

Moi : Tu as entendu ?

 

Chéri : Quoi ?

 

M. : Mais ce bruit, là. Tu as entendu ?

 

C. : Je n’ai rien entendu. Si tu veux savoir, j’étais en train de faire un très beau rêve dans lequel tu portais un déshabillé très sexy et…

 

M. : Mais écoute, il y a encore eu un bruit !

 

C. : Quel bruit ?

 

M. : Mais un bruit, enfin ! Une espèce de craquement. Je l’ai entendu plusieurs fois.

 

C. : Tais-toi, laisse-moi écouter.

 

Quelques minutes passent

 

C. : Je n’entends rien.

 

M. : Mais moi, je suis sûre d’avoir entendu quelque chose. Tu devrais aller voir.

 

C. : Oh non, s’il te plaît, je n’ai vraiment pas envie !

 

M. : Mais puisque je te dis que j’ai entendu des bruits !

 

C. : Et ces bruits venaient du garage, c’est ça ?

 

M. : Ah, tu vois que tu as entendu, toi aussi !

 

C. : Je n’ai rien entendu, je te l’ai dit !

 

M. : Mais alors comment pouvais-tu savoir que le bruit venait du garage ?

 

C. : Simple déduction. Tu as appris hier que ta cousine s’était fait cambrioler et que les voleurs étaient entrés  par le garage. Et cette nuit, tu entends des bruits bizarres.

 

M. : Je ne vois pas le rapport.

 

C. : Ce que j’essaie de te dire c’est que ces fameux bruits viennent peut-être de ton imagination et que ce qui est arrivée à ta cousine peut t’avoir influencée.

 

M. : Mais je t’assure que j’ai vraiment entendu quelque chose.

 

C. : Ecoute, c’est une vieille maison, c’est normal qu’il y ait parfois du bruit.

 

M. : Mais je serai plus tranquille si tu allais vérifier.

 

Mon chéri pousse un gros soupir et se lève.

 

Moi : Attends. Où vas-tu ?

 

C. : En bien, vérifier l’origine de ces bruits comme tu me l’as demandé.

 

M. : Mais si ce sont des cambrioleurs, qu’est-ce que tu vas faire ?

 

C. : Je leur dirais : « Messieurs les cambrioleurs, bonsoir ! Pourriez-vous reposer les objets que vous avez dans les mains et sortir de la maison s’il vous plaît ? Merci bien ! »

 

M. : Quoi ? Tu es cinglé !

 

C. : Mais je n’aurai rien à dire puisqu’il n’y a pas de cambrioleurs.

 

M. : Mais comment peux-tu en être sûr ?

 

C. : Parce que même s’il y en avait eu, tes hurlements les ont fait fuir, maintenant.

 

M. : Mais…

 

C. : D’autre part, je ne vois pas qui pourrait être assez fou pour venir voler ici alors que le voisin a une maison deux fois plus grande que la nôtre. En plus, je te rappelle que nous avons une alarme et elle ne s’est pas déclenchée.

 

M. : C’est vrai, tu as raison. Je suis ridicule. Il n’y a pas de cambrioleurs.

 

Mon Chéri se recouche, très content.

 

M. : Mais tu ne pourrais pas aller voir quand même ?

 

 

 

Par maguy
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