Il y a quelques temps, dans la chambre.
Moi : Chéri, j’ai remarqué quelque chose.
Chéri : Oui ?
Moi : Nous dormons toujours du même côté du lit : toi à gauche et moi à droite.
Chéri : Si tu te trouves face au lit.
Moi : Quoi ?
Chéri : Parce que si tu tournes le dos au lit, alors je suis à droite et toi à gauche.
M. : Euh… oui peut-être … enfin, ce n’est pas le sujet. Ce que je voulais dire, c’est : pourquoi ?
C. : Pourquoi quoi ?
M. : Pourquoi est-ce que je dors à droite du lit et toi à gauche ?
C. : Mais je n’en sais rien. Je suppose que, la première fois que nous avons dormi dans le même lit, tu t’es mise à droite et moi à gauche, voilà tout.
M. : Ah oui, donc il n’y a pas de raison particulière à ce placement ?
C. : Je ne pense pas, non.
M. : Alors, rien ne s’oppose à ce que nous échangions.
C. : A ce que nous échangions quoi ?
M. : Eh bien, nos places dans le lit.
C. : Et pourquoi ferions nous ça ?
M. : Pour voir.
C. : Je ne suis pas sûr d’en avoir envie.
M. : Et pourquoi pas ?
C. : Je ne sais pas, je me sens bien à gauche.
M. : Mais peut-être que tu te sentirais encore mieux à droite.
C. : Peut-être, mais je ne crois pas.
M. : Mais moi je voudrais bien essayer le côté gauche. Je ne vois pas pourquoi tu aurais le monopole de la gauche du lit.
C. : Le côté gauche ne doit pas être très différent du côté droit, tu sais.
M. : Alors pourquoi est-ce que tu refuses de changer ?
C. : J’ai mes habitudes, c’est tout.
M. : Justement ! Tu t’enfonces dans la routine. Et la routine, c’est la mort du couple.
C. : Quoi ?
M. : Tout le monde sait que le changement est très bon au sein du couple pour lutter contre l’ennui.
C. : Chérie, ne t’inquiète pas. Avec toi, je ne m’ennuie jamais. Pas besoin de changer de place pour ça.
M. : Mais quand même, tu ne veux pas essayer ? Allez, s’il te plaît.
C. : Mais pourquoi tiens-tu tellement à prendre l’autre côté du lit.
M. : Je viens de te l’expliquer.
C. : Non, je suis sûr qu’il y a autre chose. Allez, crache le morceau.
M. : Eh bien… je pensais juste que ce n’était pas juste que j’aie toujours le plus mauvais côté du lit.
C. : Comment ça, le plus mauvais côté ?
M. : Enfin, c’est le côté de la fenêtre.
C. : Et alors ?
M. : Et alors, on est presque en hiver.
C. : Ecoute, je suis certainement un abruti, mais je ne vois pas le rapport.
M. : Mais c’est pourtant évident. Je suis plus proche de la fenêtre donc, en hiver, avec les courants d’air, il fait plus froid de mon côté que du tien, tu piges là ?
C. : Mais c’est n’importe quoi ! La fenêtre est parfaitement isolée, il n’y a aucun courant d’air.
M. : Donc, selon toi, les deux côtés sont quasiment identiques et il n’y a pas de courant d’air.
C. : C’est exactement ça.
M. : Dans ce cas, tu ne verras aucun inconvénient à changer de place avec moi. Merci Chéri !







