En voiture

Lundi 8 décembre 2008

Arrêtés à un feu

 

Moi : Chéri, tu dois y aller, c’est vert !

 

Chéri (démarre) : Ah oui, c’est vrai.

 

Moi : Quand le feu passe au vert, on doit avancer.

 

Chéri : Oui, je le savais.

 

Moi :  Feu rouge : on s’arrête. Feu vert : on passe.

 

C. : Je m’en souvenais vaguement mais merci pour ce rappel du code de la route.


M. : Il faut faire attention, je ne serai pas toujours avec toi dans la voiture pour te rappeler à l’ordre.

 

C. (incrédule) : Tu ne penses quand même pas sérieusement que j’avais vraiment oublié la signification du feu vert ?

 

M. : Non, mais tu es souvent distrait en voiture !

 

C. : Moi, distrait ?

 

M. : Mais oui, on dirait que tu es toujours en train de penser à autre chose. Tiens là, par exemple, tu penses à quoi ?

 

C. : A rien.

 

M. : On ne peut pas penser à rien. Penser que l’on ne pense à rien, c’est déjà penser à quelque chose.

 

C. (largué) : Euh… moui…c’est possible mais là je ne pensais vraiment à rien.

 

M. : Tu ne pourrais pas penser un peu à moi, pour changer ?

 

C. : Quand je suis arrêté à un feu ?

 

M. : N’importe quand ! Tu ne penses jamais à moi. Je suis sûre que si on compte le nombre de minutes que tu consacres à penser à moi, je viens bien après tes maths, tes jeux vidéos, ta sœur et encore un tas d’autre chose.

 

C. : Mais c’est complètement faux !

 

M. : D’accord. Alors quand as-tu pensé à moi pour la dernière fois ?

 

C. : Euh…

 

M. : Tu vois, tu ne t’en souviens même plus. Qu’est-ce que je disais ?

 

C. : Mais si, je pensais à toi à l’instant justement.

 

M. : Quand à l’instant ?

 

C. : Eh bien, là au feu. C’est d’ailleurs pour ça que je ne l’ai pas vu passer au vert.

 

 

M. : Oui, c’est ça. Et moi, je suis la reine d’Angleterre.

 

C. : Mais je t’assure que…

 

M. : Parfois, on dirait vraiment que tu me prends pour une idiote !

 

C. : Mais pourquoi est-ce que tu refuses de me croire ?

 

M. : Dans ce cas, pourquoi n’as-tu pas dit tout de suite que tu pensais à moi ?

 

C. : Mais c’est toi qui m’a déconcentré avec ces histoires de code de la route et de pensées.

 

M. : Oui, bien sûr, très plausible comme explication.

 

C. (se tournant vers moi) : Parfois, je suis très préoccupé par ton manque de confiance en moi. Pourquoi pars-tu systématiquement du principe que j’essaie de ….

 

M. : Là, le feu rouge, le feu rouge mais freine, freine !

 

Mon Chéri écrase la pédale de frein et parvient de justesse à s’arrêter.

 

M. : Mais enfin tu es inconscient, regarde la route quand tu conduis !

 

C. : C’est ce que je ferais si tu n’étais pas continuellement en train de me taper sur les nerfs !

 

M. : Bon, maintenant que tu es arrêté, profites-en :  regarde-moi dans les yeux, et répète moi ce que tu as dit tout à l’heure comme quoi tu pensais à moi, tout ça.

 

C. (me regarde) : Au feu, je pensais à toi. C’est pour ça que je ne l’ai pas vu passer au vert.

 

M. : Ah, tu mens, tu mens ! Je le savais, je le savais !

 

C. : Mais je viens de te dire…

 

M. : Tu as serré les lèvres.

 

C. : Et alors ?

 

M. : Tu serres toujours les lèvres quand tu mens : comme ça (je l’imite). Je t’ai souvent observé.

 

C. : Et tu n’as pas observé que je le faisais aussi quand je ne mentais pas ? Tu ne peux pas conclure que je mens à partir de cet unique indice.

 

M. : Oh, tu essaies de m’embrouiller, là !

 

C. : Mais non, pas du tout, je t’explique juste que…

 

M. : Mais vas-y, vas-y !

 

C. : Vas-y quoi ? Je t’ai déjà dit que je pensais à toi quand j…

 

M. : Mais non, pas ça, vas-y démarre, c’est vert ! Ah, franchement on se demande à quoi tu penses. Heureusement que je suis là, hein ?

 

 

 

Par maguy
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Mardi 2 décembre 2008

Bon, alors, à la demande générale voici la fameuse histoire qui s’est déroulée par une nuit d’été alors que Mon Chéri et moi rentrions d’une fête.

 

Mais avant quelques précautions d’usage : oui, je sais ce que j’ai fait n’était pas bien, illégal voire même dangereux mais je vous assure que le frousse que j’ai eue ce soir-là m’a fait passer toute envie de recommencer et je vous supplie de ne jamais m’imiter.

 

Donc, « tout est arrivé ce soir de juin, on donnait une fête » (les fans de Polnareff reconnaîtront) à laquelle Mon Chéri et moi étions invités. Au moment de prendre le départ, il s’avère que lui et moi étions b…, avions consommé un peu plus d’alcool que ce qui est autorisé par la loi. Malgré les exhortations de Chéri, je refuse de laisser ma voiture là où elle était (le quartier étant peu sûr, j’avais toutes les chances de la retrouver le lendemain avec les roues en moins, voire de ne plus jamais la revoir).

 

Je roulais donc tout à fait prudemment pour éviter d’être arrêtée par la police et j’arrive au périphérique situé à quelques kilomètres de chez nous. Ce périphérique est en fait une longue ligne droite entrecoupée de plusieurs feux. Lorsque tous les feux sont verts (fait rarissime), ça permet une traversée agréable de la ville.

 

Je m’engage sur la voie périphérique et commence à franchir les différents feux, tous verts par miracle, criant gaiement « Et hop ! » à chaque passage de feux. J’arrive vers le dernier feu avec l’intuition que celui-ci va passer au rouge incessamment sous peu et j’accélère.

 

Chéri : Mais ralentis, ce feu va passer au rouge.

 

Moi : M’en fous.

 

Chéri : Mais freine, bon sang, il est orange, il faut que tu t’arrêtes.

 

Moi : Non, je n’ai pas envie de freiner. Il faut toujours attendre dix plombes à ce feu. Je passe. Et hop !

 

Et je grille glorieusement le feu rouge.

 

Chéri (maussade) : Ah, c’est malin.

 

Moi : Oh, ça va, tu ne vas pas me faire la morale, il est trois heures du matin, il n’y a pas un chat à ce carrefour, on n’allait quand même pas s’arrêter.

 

Chéri : Pas un chat, tu es sûre ?

 

A ce moment-là, une sirène de police vient contredire mon affirmation.

 

Chéri : Il me semblait bien avoir vu un gyrophare dans le coin.

 

Moi (angoissée) : Oh non, tu crois qu’ils m’ont vu ?

 

Les manœuvres des policiers qui se collent derrière nous laissent peu de place au doute.

 

Chéri : Il faut que tu t’arrêtes sur le bas-côté.

 

J’obtempère et commence à trembler tandis qu’un policier descend de la voiture.

 

Moi : A ton avis, qu’est-ce que je risque ?

 

Chéri :  Pour un feu rouge grillé, c’est au minimum 4 points et 100 euros d’amende mais ils peuvent aussi te retirer le permis.

 

Moi : Quoi ?

 

Chéri : Et s’ils te font passer un alcootest alors là…

 

Moi : Chéri, si on échangeait nos places ?

 

Chéri : Ah non, ma grande, c’est toi qui as grillé le feu, c’est ta responsabilité.

 

Pendant ce temps, le policier est arrivé à notre hauteur. J’abaisse la vitre et lui adresse mon plus beau sourire. Après vérification des papiers, il me demande si je sais pourquoi il m’a arrêté.

 

Moi : Je suppose que c’est parce que j’ai grillé le feu rouge mais vous savez monsieur l’agent…

S’ensuit un plaidoyer sur la fatigue, l’envie de retrouver son lit, les réflexes émoussés, les risques très limités à un carrefour désert…

Moi : En conclusion, monsieur l’agent, j’ai bien conscience que je mérite d’être punie et je vous demande seulement d’être un peu indulgent. (et de nouveau mon sourire le plus éblouissant)

 

Le policier toussote, me regarde, hésite et finit par dire : « Bon, ça ira pour cette fois. »

 

Moi : Oh merci, monsieur l’agent, merci beaucoup.

 

Le policier : Mais que je ne vous y reprenne plus, hein ? La prochaine fois, lorsque le feu passe au rouge, vous vous arrêtez, carrefour désert ou pas.

Moi (l’euphorie me faisant parler sans réfléchir) : Oui, promis. Mais vous savez, là, c’est parce que je n’avais pas envie de freiner.

 

Aussitôt, j’ai envie de me mordre la langue ou de courir me cacher dans le trou de souris le plus proche. Le policier se penche de nouveau à la portière.

 

Le policier : Qu’est-ce que vous venez de dire, là ?

 

Moi (rouge et muette) : …

 

Chéri (se décidant enfin à voler à mon secours) : Elle a dit qu’elle n’avait pas envie de traîner. Oui, parce que vous comprenez, nous avons laissé notre petit garçon de trois ans à la maison avec une baby-sitter et on est un peu inquiets parce que ça ne se passe pas toujours très bien. La dernière fois, il a failli foutre le feu à la maison…(là, Chéri s’arrête, ne sachant plus quoi inventer)

 

Le policier nous dévisage à présent d’un air suspicieux. Finalement (après ce qui me semble être des heures), il se redresse et nous fait signe de partir.

 

Moi (quelques mètres plus loin) : Yes, yes , yes, yes !! Tu te rends compte, non mais tu te rends compte, je n’ai rien eu, rien !!

 

Chéri : …

 

Moi : Tu ne dis rien ?

 

Chéri : Humpf.

 

Moi : Qu’est-ce qui se passe, tu es fâché ? Je ne comprends pas : tu devrais être content pour moi. Tu aurais préféré qu’ils me retirent le permis ?

 

Chéri : Non, bien sûr que non.

 

Moi : Alors ?

 

Chéri (exposant d’un coup) : C’est pas juste, voilà tout ! Moi, un jour, j’ai été arrêté, je roulais à 55 km/h en agglomération : ils m’ont collé une amende de 90€ et un point de moins ! Mais, toi, tu commets un acte autrement plus grave et on te laisse tranquille, parce que tu es une fille et que tu portes une robe moulante. C’est vraiment pas juste ! Ah, qu’on revienne encore me parler d’égalité de traitement entre les hommes et les femmes.

 

Moi : Oui, tu n’as pas tort. Mais est-ce vraiment parce que je suis une fille ? Si toi aussi tu avais eu une robe moulante lorsqu’on t’a arrêté, peut-être que…

Par maguy
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Mardi 25 novembre 2008

Mon Chéri et moi évitons généralement de faire les courses le samedi afin d’échapper à la foules dans les magasins, aux difficultés pour se garer... Cependant, avec nos emplois du temps de ministre, on ne peut parfois pas faire autrement.

 

Un samedi, sur le parking du supermarché.

 

Moi : Oh, chéri, regarde là-haut : une place juste devant l’entrée du magasin !

 

Chéri : Oui, je l’ai vue.

 

Moi : Vite, vite dépêche-toi d’aller t’y garer avant qu’un autre ne te pique la place.

 

Mon Chéri accélère, bien trop modérément à mon goût, et roule en direction de la place tant convoitée.

 

Moi : Oh, mon Dieu !

 

Chéri : Quoi ?

 

Moi : La voiture là-bas. Elle se dirige vers la même place. Je suis sûr que le conducteur veut nous la voler. Accélère, mais accélère bon sang !

 

Chéri : Je fais ce que je peux !

 

Nous arrivons dans la rangée où se trouve la place à peu près au même moment que l’autre voiture, chacun à une extrémité. Mon Chéri, stimulé par mes hurlements (« Fonce, fonce ! »), se rue sur la place de parking, imité par notre « adversaire ». La collision entre les deux voitures semble imminente lorsque Mon chéri, beaucoup trop tôt, freine et abandonne au profit de notre concurrent. Le vainqueur se gare et nous voyons descendre une jeune femme qui nous fait un petit signe narquois de la main. J’écume de rage.

 

Moi : Ah, bravo, bravo, fantastique ! Et qu’est-ce qu’on fait maintenant ?

 

Chéri : On va trouver une autre place, ne t’inquiète pas.

 

Moi : Mais elle sera beaucoup plus loin de l’entrée. Il pleut et il fait froid et je n’ai pas envie de marcher dix kilomètres. Tout ça, c’est de ta faute : si tu n’avais pas ralenti…

 

Chéri : Je ne pouvais rien faire, elle avait de l’avance, elle se serait garée de toute façon.

 

Moi : Tu as manqué de détermination, c’est tout. Si tu avais continué à accélérer…

 

Chéri : On se serait rentrés dedans, voilà tout.

 

M. : Et alors ?

 

C. : Comment ça, et alors ? Evidemment, toi, tu t’en fous, ce n’est pas ta voiture. Mais moi, j’aimerais autant éviter de lui faire des bosses stupidement.

 

M. : Mais enfin qu’est-ce que tu racontes ? Tu as vu sa voiture, tu as vu la tienne ? C’était David contre Goliath, cette histoire. Si vraiment il y avait eu collision, son pare-chocs serait tout écrabouillé, alors que ton auto aurait à peine une égratignure.

 

C. : Je n’en suis pas sûr, et en plus, je ne vois pas l’intérêt de lui bousiller sa voiture.

 

M. : Mais pour lui donner une leçon, bien sûre !

 

C. : Une leçon ?

 

M. : Cette c…. a eu l’impudence de prendre MA place de parking, il fallait lui faire comprendre qu’elle n’avait pas le droit.

 

C. : J’ignorais que tu étais propriétaire d’une place de parking ici. Tu as un acte notarié pour prouver ce que tu avances ?

 

M. : Oh, ça va, tu as très bien compris ce que je veux dire. J’avais repéré cette place avant elle.

 

C. : Comment peux-tu le savoir ?

 

M. : Dès que nous sommes entrés sur ce parking, elle m’avait sauté aux yeux.

 

C. : Mais elle était peut-être entrée avant nous.

 

M. : Tu crois que je ne sais pas pourquoi tu as ralenti ?

 

C. : Pour préserver ma précieuse voiture ?

 

M. : Non, parce que tu as vu que c’était une jolie femme, évidemment. Si elle avait eu vingt ans et quinze kilos de plus, comment tu lui serais passé sous le nez ! Mais là non, Monsieur a voulu faire son malin !

 

C. : Mais qu’est-ce que tu racontes, la voiture avait des vitres teintées. Avant qu’elle descende, je ne savais même pas si c’était un homme ou une femme au volant.

 

M. : C’est ça, comme si des vitres teintées pouvaient arrêter ton œil de lynx, toujours à l’affût de chair fraîche.

 

C. : C’est vraiment n’importe quoi.

 

M. : Ah, tous les moyens sont bons pour draguer, hein ?

 

C. : Ca y est, tu as fini ?

 

M. : Je ne fais que commencer. Qu’est-ce que tu fais ?

 

C. : Je me gare.

 

M. : Ca na va pas, non ? Tu ne te gares pas ici !

 

C. : C’est une des rares places qui restent, tu ne vas pas faire la difficile.

 

M. : Je te ferais simplement remarquer que si tu avais fait ce que j’avais dit, on aurait une très bonne place. D’ailleurs, on aurait même probablement presque fini les courses et… 

 

C. : Je sais, je sais, c’est de ma faute, j’ai compris. La prochaine fois, je lutterais pour cette place de parking jusqu’à ma mort. Mais pour l’instant, nous n’avons pas le choix. Reste dans la voiture à bouder si tu veux mais…

 

M. : Non, je t’accompagne au centre commercial.

 

C. : Ravi de constater que tu peux être raisonnable, pour une fois.

 

M. : Mais je ne vais pas faire les courses avec toi.

 

C. : Et on peut savoir où tu vas ?

 

M. : A cause de toi, je suis hyper-stressée. La seule façon de me calmer est d’aller faire du shopping immédiatement.

 

C. : Mais…

 

M. : On se retrouve tout à l’heure à la voiture si toutefois j’ai le courage de marcher jusque là.

 

 

 

 

 

Par maguy
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Samedi 18 octobre 2008

Moi : Chéri, ça t’embêterait de m’accompagner chez B.. telecom demain ? Je dois changer mon portable.

 

Chéri : Demain ? Oh non, j’ai déjà plein de trucs à faire !

 

Moi : Allez, s’il te plaît !

 

Chéri : Mais tu peux y aller seule, non ? Je ne vois pas pourquoi tu aurais besoin de moi !

 

Moi : Eh bien, je ne sais pas. Suppose que je ne trouve pas la rue et que je me perde ?

 

Chéri : C’est une blague ? La boutique est rue du Fort. Cette rue-là, tu l’empruntes au moins une fois par semaine pour aller au cinéma, à la bibliothèque…

 

M. :  Mais si j’étais distraite et que je me trompais de chemin ?

 

C. : Bon, réfléchissons. Tu vas souvent à la bibiothèque, non ?

 

M. : Si.

 

C. : Et est-ce que tu t’es déjà trompé de chemin une seule fois ?

 

M. : Non, jamais.

 

C. : Alors, tu vas faire comme si tu allais à la bibliothèque sauf que, quand tu verras la boutique B…, hop ! tu freines. Enfin, pas trop brutalement s'il y a quelqu'un derrière toi.
 

M. : Suppose que je ne trouve pas de place pour me garer

 

C. : Mais la boutique est dans une rue où il y a plein de places de parking. Je suis déjà passé par là des centaines de fois, à chaque fois, il y en avait au moins quatre ou cinq de libres.

 

M. : Oui mais à part ce parking-là, il n’a pas d’autre endroit où se garer avant plusieurs kilomètres.

 

C. : Pourquoi « à part ce parking-là » ?.Qu’est-ce que tu lui reproche ? Je l’ai toujours trouvé très bien, moi.

 

M. : Oui, toi, évidemment.

 

C. : Qu’est-ce que ça veut dire ?

 

M. : Je ne peux pas me garer là-bas.

 

C. : Et pourquoi ? Ne me dis pas que c’est parce qu’il n’y a pas de places à l’ombre, avec la température extérieure en ce moment, ce n’est vraiment pas un problème.

 

M. : Parce que là-bas, on est obligés de se garer en épi en marche arrière.

 

C. : Et alors ?

 

M. : Alors, je suis incapable de faire ça, voilà !

 

C. :  Mais enfin, ce n’est pas très compliqué !

 

M. : Evidemment, pour toi qui arrives à faire des créneaux du premier coup, c’est un jeu d’enfant mais moi je n’ai jamais été fichue de me garer en marche arrière, encore moins lorsqu’il faut se garer en épi.

 

C. : Il suffit de tourner légèrement le volant, puis de remettre les roues droites lorsque la voiture fait le bon angle et ensuite de laisser aller : je ne vois pas ce qu’il y a de difficile là-dedans.

 

M. : Oui, je connais la théorie mais qu’est-ce que tu veux, je n’ai jamais pu le faire en pratique. A l’auto-école, le moniteur a failli devenir dingue. Il m’a fait essayer et réessayer au moins mille fois : à chaque fois j’étais complètement de travers. A la fin, c’était presque un gag entre nous. Heureusement qu’ils ne me l’ont pas demandé pour l’examen du permis de conduire, sinon je ne l’ai jamais eu. Ma mère n’a jamais pu se garer en marche arrière non plus, ça doit être génétique.

 

C. : Bon d’accord, demain je viendrai avec toi et je garerai la voiture mais à une condition.

 

M. : Laquelle ?

 

C. : Ce week-end, on ira sur un parking isolé et tu t’entraîneras à te garer en marche arrière parce que je ne serai pas toujours là pour t’aider à te garer.

 

M. : D’accord.

 

C. : Vraiment ?

 

M. : Mais oui.

 

C. : Ca me surprend un peu que tu acceptes tout de suite : je m’attendais à une longue discussion…

 

M. : Chéri, mon moniteur d’auto-école et mon père ont tous les deux essayé de m’apprendre à ma garer en marche arrière. C’étaient deux hommes d’une patience légendaire et ils ont tous les deux renoncé. Je te connais : tu ne tiendras pas dix minutes !

Par maguy
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