Arrêtés à un feu
Moi : Chéri, tu dois y aller, c’est vert !
Chéri (démarre) : Ah oui, c’est vrai.
Moi : Quand le feu passe au vert, on doit avancer.
Chéri : Oui, je le savais.
Moi : Feu rouge : on s’arrête. Feu vert : on passe.
C. : Je m’en souvenais vaguement mais merci pour ce rappel du code de la route.
M. : Il faut faire attention, je ne serai pas toujours avec toi dans la voiture pour te rappeler à l’ordre.
C. (incrédule) : Tu ne penses quand même pas sérieusement que j’avais vraiment oublié la signification du feu vert ?
M. : Non, mais tu es souvent distrait en voiture !
C. : Moi, distrait ?
M. : Mais oui, on dirait que tu es toujours en train de penser à autre chose. Tiens là, par exemple, tu penses à quoi ?
C. : A rien.
M. : On ne peut pas penser à rien. Penser que l’on ne pense à rien, c’est déjà penser à quelque chose.
C. (largué) : Euh… moui…c’est possible mais là je ne pensais vraiment à rien.
M. : Tu ne pourrais pas penser un peu à moi, pour changer ?
C. : Quand je suis arrêté à un feu ?
M. : N’importe quand ! Tu ne penses jamais à moi. Je suis sûre que si on compte le nombre de minutes que tu consacres à penser à moi, je viens bien après tes maths, tes jeux vidéos, ta sœur et encore un tas d’autre chose.
C. : Mais c’est complètement faux !
M. : D’accord. Alors quand as-tu pensé à moi pour la dernière fois ?
C. : Euh…
M. : Tu vois, tu ne t’en souviens même plus. Qu’est-ce que je disais ?
C. : Mais si, je pensais à toi à l’instant justement.
M. : Quand à l’instant ?
C. : Eh bien, là au feu. C’est d’ailleurs pour ça que je ne l’ai pas vu passer au vert.
M. : Oui, c’est ça. Et moi, je suis la reine d’Angleterre.
C. : Mais je t’assure que…
M. : Parfois, on dirait vraiment que tu me prends pour une idiote !
C. : Mais pourquoi est-ce que tu refuses de me croire ?
M. : Dans ce cas, pourquoi n’as-tu pas dit tout de suite que tu pensais à moi ?
C. : Mais c’est toi qui m’a déconcentré avec ces histoires de code de la route et de pensées.
M. : Oui, bien sûr, très plausible comme explication.
C. (se tournant vers moi) : Parfois, je suis très préoccupé par ton manque de confiance en moi. Pourquoi pars-tu systématiquement du principe que j’essaie de ….
M. : Là, le feu rouge, le feu rouge mais freine, freine !
Mon Chéri écrase la pédale de frein et parvient de justesse à s’arrêter.
M. : Mais enfin tu es inconscient, regarde la route quand tu conduis !
C. : C’est ce que je ferais si tu n’étais pas continuellement en train de me taper sur les nerfs !
M. : Bon, maintenant que tu es arrêté, profites-en : regarde-moi dans les yeux, et répète moi ce que tu as dit tout à l’heure comme quoi tu pensais à moi, tout ça.
C. (me regarde) : Au feu, je pensais à toi. C’est pour ça que je ne l’ai pas vu passer au vert.
M. : Ah, tu mens, tu mens ! Je le savais, je le savais !
C. : Mais je viens de te dire…
M. : Tu as serré les lèvres.
C. : Et alors ?
M. : Tu serres toujours les lèvres quand tu mens : comme ça (je l’imite). Je t’ai souvent observé.
C. : Et tu n’as pas observé que je le faisais aussi quand je ne mentais pas ? Tu ne peux pas conclure que je mens à partir de cet unique indice.
M. : Oh, tu essaies de m’embrouiller, là !
C. : Mais non, pas du tout, je t’explique juste que…
M. : Mais vas-y, vas-y !
C. : Vas-y quoi ? Je t’ai déjà dit que je pensais à toi quand j…
M. : Mais non, pas ça, vas-y démarre, c’est vert ! Ah, franchement on se demande à quoi tu penses. Heureusement que je suis là, hein ?
Bon, alors, à la demande
générale voici la fameuse histoire qui s’est déroulée par une nuit d’été alors que Mon Chéri et moi rentrions d’une fête.







