La
fête de famille est terminée : tout s’est bien passé. Ma cousine Claire est venue avec sa petite fille de 3 mois qui était très mignonne et a dormi presque tout l’après-midi. A présent, nous
sommes dans la voiture et rentrons à la maison.
Moi : La petite Maelys était vraiment adorable, tu ne trouves pas ?
Chéri : Tout à fait adorable, en effet.
Moi : Chéri, si on faisait un bébé, nous aussi ?
Chéri : Je gare la voiture ici ou on attend d’être rentrés à la maison quand même ?
Moi : Je ne voulais pas dire ici tout de suite.
Chéri : Ouf, tu me rassures.
Moi : Non mais sérieusement, tu ne veux pas d’enfants ?
Chéri : Si, bien sûr.
Moi : Alors, on pourrait s’y mettre, qu’est-ce que tu en dis ?
Chéri : Mmmmmoui.
M. : Quel enthousiasme débordant ! Tu ne veux pas d’enfants avec moi ou quoi ?
C. : Si mais … comment dire… je me demande si tu es vraiment prête à avoir un enfant.
M. : Qu’est-ce que ça veut dire ?
C. : Eh bien, tu devrais peut-être d’abord apprendre à être moins tête-en-l’air, plus … responsable ?
M. : Donc tu ne me ferais pas confiance pour élever notre enfant ?
C. : Si mais .. disons que j’aurais peur de certaines .. catstrophes.
M. : Quel genre de catastrophes ?
C. : Par exemple, tu pourrais l’oublier au supermarché.
M. : Tu crois que je serais capable d’oublier notre enfant au supermarché ??
C. : Tu y as bien oublié une fois ton portable et deux fois ton portefeuille, ces derniers temps.
M. : Oui mais ça n’a rien à voir : un bébé, c’est plus grand et ça fait du bruit, ça ne s’oublie pas aussi facilement. Et puis je pense qu’à la caisse ils s’en apercevraient tout de suite et ne me laisseraient pas repartir sans lui. Et au pire il y a toujours ces endroits où on dépose les bébés abandonnés, tu sais quand ils diffusent sur haut-parleur : « Le petit Machin attend ses parents à l’accueil du magasin ».
C. : Je ne suis pas sûr que tu aies pensé aux sacrifices que l’arrivée d’un enfant implique : plus jamais de grasse matinée le week-end.
M. : Plus jamais ?
C. : Plus jamais. Et les sorties, les vacances seront beaucoup plus compliquées.
M. : Je n’avais pas vu les choses sous cet angle.
C. : Et autre chose : là tu veux un bébé parce que tu es sous le charme de la petite Maelys. Mais pense plutôt à ton neveu quand il était bébé. Tu te souviens comme ta sœur se plaignait parce qu’il se réveillait régulièrement la nuit en hurlant, mangeait difficilement, etc. Et maintenant encore, c’est une vraie pile électrique, il est toujours en train de s’agiter, de sauter partout.
M. : C’est vrai.
C. : Je ne voudrais pas être pessimiste mais, étant donné que tu es plus proche génétiquement de ta sœur que de ta cousine, il y a toutes les chances que, si tu as un enfant, il ressemble davantage à ton neveu qu’à Maelys. Alors tu veux toujours un bébé ?
M. : Je crois que je vais encore y réfléchir.
Je rentre dans la maison avec un sac de courses. Mon Chéri
est au téléphone dans le salon. Tout en rangeant les provisions, je tends l’oreille et j’arrive à entendre des bribes :







