Inclassable

Mercredi 3 décembre 2008

Hier soir,

 

Chéri : Chérie, j’ai envie de sortir. On va au cinéma, ce soir ?

 

Moi : Oui, pourquoi pas ? C’est une bonne idée. Qu’est-ce qu’on va voir ?

 

Chéri : On se décidera sur place. Allez, tu vas te changer ?

 

Moi : Mais il faut d’abord que je me lave les cheveux.

 

Chéri : Quoi ? Mais pas maintenant, quand même ! Tu mets toujours trois heures pour te laver les cheveux, on n’arrivera jamais à temps !

 

Moi : Désolée, mais je dois absolument me laver les cheveux ce soir, c’est obligatoire !

 

Chéri : Et pourquoi cette obligation ?

 

Moi : Parce qu’on va manger chez tes parents samedi.

 

Chéri (interloqué) : Je ne vois pas le rapport.

 

Moi : On va manger chez tes parents samedi et aujourd’hui on est mardi.

 

Chéri : Ecoute, tu sais que j’ai un cerveau particulièrement lent alors pourrais-tu faire l’effort d’être un peu plus claire ?

 

Moi : Je me lave les cheveux tous les deux jours, or samedi, on mange chez tes parents, il faut donc absolument que je me les lave samedi. En remontant de 2 en 2, ça fait : samedi – jeudi - mardi. CQFD.

 

Chéri : Et tu ne pourrais pas te les laver demain plutôt ?

 

Moi : Ah non, sinon je ne pourrais pas me les laver jeudi !

 

Chéri : Et pourquoi pas ?

 

Moi (horrifiée) : Deux jours de suite !! Non, ça ne va pas, ce n’est pas bon pour les cheveux de les laver trop souvent.

 

C. : Alors, tu te les laves demain et ensuite tu attends jusqu’à samedi.

 

M. : Jeune inconscient ! Tu veux que tous mes collègues s’évanouissent d’horreur vendredi matin en me voyant ?

 

C. : Bon alors si c’est absolument nécessaire, est-ce que tu ne pourrais pas au moins faire en sorte que ça aille vite ? Même ma mère va plus vite que toi, et pourtant, elle, elle met des bigoudis !

 

M. : Ce n’est pas tellement le lavage, c’est plutôt le séchage qui prend du temps.

 

C. : C’est vrai et je ne comprends pas ça non plus. On a pourtant un sèche-cheveux qui souffle de l’air très chaud. Avec ça, même ta tignasse devrait être sèche en deux minutes.

 

M. (incrédule) : Ne me dis pas que tu utilises le sèche-cheveux à la température maximale.

 

C. : Ben si, pourquoi ?

 

M. : Mais enfin, ça abîme les cheveux et en plus c’est dangereux si tu le mets trop près de ta tête, tu risques de te brûler !

 

C. : Et pourquoi mettent-ils cette option sur les sèche cheveux alors ?

 

M. : Pour les coiffures spéciales, quand tu veux faire des ondulations dans tes cheveux ou les lisser par exemple.

 

C. : Tiens, je ne savais pas, je me coucherai moins bête ce soir.

 

M. : Grâce à moi, tu t’instruis tous les jours.

 

C. : Mais, si j’ai bien compris, il ne faut compter aller au cinéma avant la séance de 22h, c’est ça ?

 

M. : Oublie la séance de 22h.

 

C. : Pourquoi ? Ne me dis pas que ça te prend AUTANT de temps.

 

M. : Quoi donc ? Ah, le lavage des cheveux ?  Non, pas du tout.

 

C. : Alors ?

 

M. : Alors, je viens de me rappeler qu’il y avait Harry Potter à la télé ce soir.

 

Par maguy
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Mercredi 26 novembre 2008

  Ce matin, devant la table du petit déjeuner,

 

Moi : Chéri ?

 

Chéri : Oui ?

 

Moi : Tu ne vois pas quelque chose de changé chez moi ?

 

Chéri : Euh…

 

Moi (légèrement vexée) : Regarde mes cheveux. Tu ne vois pas qu’ils sont plus beaux, plus brillants ?

 

Chéri (pas convaincu) : Oui, peut-être.

 

Moi : J’ai trouvé un nouveau shampoing qui n’est pas mal du tout.

 

Chéri (parle sans réfléchir) : Mais tu devrais aller chez le coiffeur.

 

Moi (sous le choc) : QUOI ?

 

Chéri (comprenant qu’il vient de commettre une bourde monumentale) : Rien, je n’ai rien dit.

 

Moi (carrément furieuse) : Ah, non ! Une phrase pareille ne s’efface pas si facilement. Développe, je t’en prie.

 

Chéri (très embarrassé) : Non, mais … enfin je pensais juste que … enfin c’est-à-dire… la pointe de tes cheveux me paraît un peu … abîmée…

 

Moi (attrapant une mèche de cheveux pour vérifier) : Mais oui, tu as raison, j’ai des pointes toutes fourchues. Qu’est-ce que je vais faire ?

 

Chéri : Tu pourrais par exemple aller chez le coiffeur, comme je te l’ai déjà dit.

 

Moi : Encore faudrait-il trouver un coiffeur.

 

C. : Ca ne devrait pas être trop difficile. On parle de coiffeur, pas de caviar. Rien qu’à deux rues d’ici, il y en a un, non ?

 

M. : Je croyais que c’était un coiffeur pour hommes ?

 

C. : Ah, oui, c’est vrai. Mais pourquoi ne retournes-tu pas chez ceux chez qui tu vas d’habitude ?

 

M. : Ah, non ! Ah ça, jamais ! Plutôt crever, tu m’entends.

 

C. : Ca ne s’est pas bien passé la dernière fois ?

 

M. : Pas bien passé ? C’était le drame, tu veux dire. Ils m’ont défigurée !!

 

C. : Tu exagères peut-être légèrement.

 

M. : Pas du tout ! J’avais demandé la coupe d’Agnès Jaoui dans Le Goût des autres, j’avais même apporté une photo pour éviter tout malentendu et ils m’ont fait la coupe de Paris Hilton ! Quand je me suis vue dans la glace, j’ai cru que j’allais m’évanouir d’horreur. En plus, j’ai subi un véritable interrogatoire sur ma vie privée à tel point que je me suis demandé si la coiffeuse n’était pas une journaliste de Closer déguisée.

 

C. : Mais je ne vois pas pourquoi Closer s’intéresserait à ta vie privée.

 

M. : On ne sait jamais, il se pourrait que je devienne célèbre, un jour.

 

C. : Et tu ne pourrais pas retourner chez le coiffeur chez qui tu allais avant ? Comment s’appelait-il déjà ?

 

M. : Il a fait faillite. D’ailleurs, ça ne m’étonne pas. Si j’étais eux, j’attaquerais Mme H… en justice et je demanderais des dommages-intérêts.

 

C. : Qui ça ?

 

M. : Mais tu ne te souviens pas, je t’en avais souvent parlé. Mme H. : la vieille harpie qui passait sa vie chez le coiffeur où elle hurlait dans tout le salon  des détails croustillants sur ses varices, son diabète, son incontinence urinaire et la dernière connerie de son petit-fils. Une fois, j’avais même apporté des boules Quiès.

 

C. : Je vois. Et si tu allais chez mon coiffeur ?

 

M. : Chéri, excuse-moi mais je tiens à mes cheveux.

 

C. : Qu’est-ce que ça veut dire ?

 

M. : Toi, tu lui demandes toujours de te « rafraîchir un peu la nuque », tu ne cours aucun danger mais j’ai l’impression que dès qu’on lui demande un truc un peu délicat, il est complètement largué.

 

C. : Alors, prends les Pages Jaunes et choisis un coiffeur pas trop loin d’ici.

 

M. : Tu es complètement dingue ? Je ne vais pas chez un coiffeur qui ne m’a pas été chaudement recommandé par au moins deux personnes.

 

C. : Et tu ne veux pas en plus un CV et une lettre de motivation ?

 

M. : C’est ça, moque-toi. Mais je ne sais toujours pas ce que je dois faire. Ah, si, j’ai une idée : tu vas être mon sauveur.

 

C. : C’est-à-dire ?

 

M. : En attendant que je trouve la perle rare au niveau coiffure, tu vas me couper un peu les cheveux.

 

C. : Quoi ? Jamais de la vie.

 

M. : Mais pourquoi ?

 

C. : Je n’ai pas envie de mourir prématurément parce que j’aurais complètement foiré ta coupe de cheveux.

 

M. : Mais juste les pointes. Et puis, si tu suis mes directives, je ne vois pas ce qui pourrait mal se passer. Tel que je te connais, si je te donne une longueur de cheveux à couper, tu vas aller chercher ta règle graduée et couper cheveu par cheveu au millimètre près.

Par maguy
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Lundi 24 novembre 2008

Hier après-midi

 

Moi : Chéri, j’ai réfléchi.

 

Chéri : Tiens ? Tu peux faire ça, toi ?

 

Moi : Ha, ha, très drôle. Non, mais sérieusement, j’ai réfléchi et ça ne peut plus continuer comme ça !

 

Chéri : Quoi donc ?

 

Moi : Cette année, je ne vais pas faire comme d’habitude.

 

Chéri : C’est-à-dire ?

 

Moi : On est à un mois de Noël et tu sais ce que je fais d’habitude ?

 

Chéri : Tu commences à râler que Noël c’est nul, que tu vas encore prendre dix kilos, que cette année, tu n’as vraiment, vraiment pas envie de fêter Noël avec ta famille, et est-ce que je ne pourrais pas trouver un prétexte pour ne pas y aller ?

 

Moi : Oui, c’est vrai que je fais ça mais je pensais surtout aux cadeaux. Généralement, je m’y prends à la dernière minute pour aller acheter les cadeaux et du coup, bien sûr, je ne trouve rien de ce que je veux, et je dois me précipiter dans les magasins le 24 parce qu’il y a toujours une ou deux personnes auxquelles je n’ai pas pensé. Mais cette année, tout ça, c’est fini !

 

Chéri : C’est vrai ?

Moi : Oui ! Je vais commencer à acheter les premiers cadeaux dès demain et, pour être sûr de n’oublier personne, je vais faire une liste de personnes à qui je dois acheter un cadeau de Noël.

 

Chéri : Ca me paraît être une bonne idée.

 

Moi : Et toi, tu vas m’aider.

 

Chéri (beaucoup moins enthousiaste: Tu es sûre que tu as besoin de mon aide ?

 

M. : Mais oui. Avec ton esprit mathématique, tu seras utile. Et puis, tu vérifieras que je n’ai oublié personne !

 

C. (résigné) : Bon, d’accord.

 

M. : Super ! Je vais chercher ce qu’il faut et je reviens.

 

C. : Attends, tu as tout ce qu’il faut ici : du papier, des stylos…

 

M. : Tu oublies le plus important : ma boîte de feutres.

 

Quelques minutes plus tard…

 

Moi : Bon, alors pour commencer : combien de couleurs utiliser ?

 

Chéri : Une couleur ne suffit pas ?

 

Moi : Mais non, avec plusieurs couleurs, il sera beaucoup plus facile de s’y retrouver. Mais pour ça, il faut un code couleurs. Bon alors, à ton avis, est-ce que je prends une couleur pour la famille et une pour les amis ou une pour les personnes proches à qui il faut faire un vrai cadeau de Noël et une pour ceux pour qui une bricole suffit ?

 

Chéri (complètement largué) : Euh…

 

Moi : Non, attends, je sais, je vais cumuler les deux : Je vais prendre une couleur pour ta famille, une couleur pour la mienne et une couleur pour les amis et à l’intérieur des trois, je vais faire un dégradé de couleur : Les gros cadeaux en foncé, les plus petits avec des couleurs plus claires.

 

Chéri : Maintenant que ce point crucial est éclairci, tu pourrais peut-être commencer ta liste ?

 

M. : Non, maintenant, il faut se décider sur la forme de la liste. Est-ce que j’écris simplement les noms les uns en dessous des autres ou bien sous forme de tableau ? Ah, un tableau, ce serait plus clair, tu ne crois pas ?

 

C. : Peut-être.

 

M. : Bon alors combien de lignes et de colonnes mettre dans ce tableau ? Le plus simple, ce serait 3 colonnes mais si on met les trois colonnes sur une feuille, ça va être très serré, et j’ai peur qu’après on n’arrive plus à lire. D’un autre côté, si je fais une colonne « famille » et une colonne « amis », la première colonne va être beaucoup plus remplie alors du coup il faudrait faire une colonne beaucoup plus grande que l’autre à moins que…

 

C. : Je peux faire une suggestion ? Si tu utilisais 3 feuilles : une par colonne ?

 

M. : Oh, Chéri, quelle idée géniale ! Mais ça ne va pas être du gaspillage de papier ?

 

C. : Non, tu trouveras bien assez de noms pour remplir tes feuilles. On peut commencer ?

 

M. : Attends, je n’ai pas encore fixé le plus important : quelle couleur utiliser pour quelle colonne. Il faut des couleurs qui existent en dégradé, qui soient assez lisibles… Je sais : je vais mettre ma famille en bleu, la tienne en rouge et les amis en vert.

 

C. : Mais … non laisse tomber, vas-y commence la liste.

 

M. : Qu’est-ce que tu voulais dire ?

 

C. : Rien, absolument rien, on commence par les parents ?

 

M. : Non, je sens qu’il y a un truc qui te chiffonne et j’aimerais bien savoir quoi.

 

C. : C’était juste une idée idiote.

 

M. : Je n’écris rien tant que tu ne m’auras pas expliqué de quoi il s’agit.

 

C. : Je pensais juste que, si c’était moi, j’aurais inversé, c’est tout.

 

M. : Inversé quoi ?

 

C. : Les couleurs : j’aurais mis ta famille en rouge et ma famille en bleu.

 

M. : Et pourquoi ?

 

C. : Simplement parce que le bleu, c’est plus une couleur de garçon et rouge-rose, une couleur de filles, c’est tout.

 

M. : Quoi ? Mais c’est complètement stupide comme idée !

 

C. : C’est bien ce que je disais.

 

M. : D’abord, je ne sais pas qui a décrété que le bleu symbolisait les garçons et le rose, les filles. Personnellement, j’ai toujours détesté le rose. En plus, une famille est une famille : il y a des garçons dans la mienne et des filles dans la tienne : je ne vois pas pourquoi ta famille serait plus « masculine » que la mienne.

 

C. : Je suis tout à fait d’accord, c’était une pensée idiote, je le répète…

 

M. : Surtout que si on compte les représentants masculins dans ta famille et la mienne, je ne suis pas sûre…

 

C. : Ca va, ça va, j’ai compris. C’est un excellent choix de couleurs. Est-ce qu’on peut ENFIN commencer à faire cette liste maintenant.

 

M. : Non, on ne peut pas.

 

C. : Et pourquoi ? Quelles décisions capitales dois-tu encore prendre ? Si tu écris en majuscules ou en minuscules, si tu soulignes à la règle ou à main levée ?

 

M. : Non, c’est juste que je n’en ai plus du tout envie, voilà. Moi, je veux être plus efficace et écrire une belle liste et toi tu retardes tout inutilement par tes remarques sur les feuilles et le choix des couleurs.

 

C. : Mais, Chérie…

 

M. : Tu veux que je te dise ? Si tu n’es pas content, tu n’as qu’à la faire toi-même !

 

 

Pour finir, une très belle initiative pour Noël que je voudrais relayer. L’illustratrice Pénélope Bagieu alias Pénélope Jolicoeur (dont je vous recommande le blog : Ma vie est tout à fait fascinante) a créé un site sur lequel, tous les jours, des dessinateurs de talent postent des BD. Le nombre total de visiteurs (uniques) de ce site sera converti en sous pour offrir des cadeaux aux enfants défavorisés dans le cadre de l'opération "Arbres de Noël " de la Croix Rouge.

 

Alors, je vous invite tous à vous rendre régulièrement sur ce site dont je vous donne l’adresse ici :  http://www.monbeausapin.org/

 

Par maguy
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Samedi 22 novembre 2008

La scène se passe il y a environ un an. Mon Chéri rentre tout justes du travail et avec l’esprit d’observation affûté qui me caractérise, je remarque tout de suite son teint pâle, ses yeux un peu rouges et son air fatigué.

 

Moi (inquiète) : Chéri, qu’est-ce qui se passe, ça ne va pas ?

 

Chéri (articulant péniblement) : Ne t’inquiète pas, ce n’est rien, j’ai juste un peu mal à la gorge, c’est tout.

 

Moi : Non, ce n’est pas tout. Tu frissonnes, tu dois avoir de la fièvre.

 

Chéri : J’ai seulement un peu froid.

 

Moi : Viens t’allonger sur le canapé (Il obtempère). Mais je suis sûre que tu as de la fièvre, tu ne veux pas que je prenne ta température ?

 

Chéri : Non, je t’assure, ce n’est pas le peine, c’est juste un refroidissement.

 

Moi : Le thermomètre est juste là, dans le tiroir. Bon, le plus précis, je crois, c’est de la prendre rectale mais si ça te gêne…

 

Chéri : Non, je ne prendrai pas ma température, je n’ai rien.

 

M. : Et si j’appelais le docteur G. ? Il habite à deux pas d’ici, je suis sûre que ça ne lui ferait rien de venir…

 

C. : Mais ça va pas ? Pourquoi pas le SAMU, tant que tu y es ? Non, on ne dérange pas un docteur pour un petit rhume. Si tu pouvais juste m’apporter un pull en laine.

 

M. : Tout de suite.

 

Je sors, monte dans la chambre et reviens avec un pull, ses pantoufles, une couverture.

 

Moi : Tiens. Je t’allume la télé, aussi ?

 

Chéri : Oui, merci beaucoup.

 

Moi : Repose-toi, je reviens.

 

Je ressors pour réapparaître quelques minutes plus tard avec un bol fumant.

 

Moi : Tiens, bois ça, ça va te faire du bien.

 

Chéri : Qu’est-ce que c’est ? Du bouillon de légumes ?

 

M. : Allez, bois vite pendant que c’est chaud.

 

Mon Chéri porte le bol à ses lèvres mais au dernier moment, il suspend son geste.

 

Chéri : J’ai le nez en partie bouché mais ça ne m’empêche pas de sentir que ce n’est pas du bouillon. Mais ça pue ! Qu’est-ce que c’est que cette mixture ?

 

Moi : Non, là tu exagères. Ca ne pue pas, ça sent juste un peu fort.

 

Chéri : Mais qu’est-ce que c’est ?

 

Moi (grand sourire): Une potion magique pour guérir.

 

Chéri : Je ne bois pas si tu ne me dis pas ce que c’est.

 

Moi : C’est une tisane, voilà.

Chéri : Et qu’est-ce qu’il y a dedans ?

 

M. : Différents ingrédients.

 

C. : Mais encore ?

 

M. : C’est un mélange de thym, de citron et de fleur de sureau. C’est bon, là ou tu veux encore les proportions ?

 

C. : Non, ça va. Je refuse de boire ça.

 

M. : Mais pourquoi ?

 

C. : Parce que je suis sûr que c’est immonde, voilà pourquoi.

 

M. : Qu’est-ce que tu en sais, tu n’as même pas goûté.

 

C. : L’odeur suffit.

 

M. : Ce n’est peut-être pas très bon mais c’est efficace.

 

C. : Comment le sais –tu ?

 

M. : Parce que ça vient de mon livre sur les remèdes de grand-mère contre les blessures et les petites maladies.

 

C. : Ah, ben alors là, oui, c’est sûr, c’est efficace. Un livre sur les recettes de grand-mère, c’est la référence absolue !

 

M. : Quoi, qu’est-ce qu’il y a ? Les recettes de grand-mère sont souvent très fiables.

 

C. : Je ne discuterai pas mais je ne boirai pas ton truc.

 

M. : En plus, je l’ai testé sur moi. Un soir, je me sentais vraiment mal, j’avais le nez bouché et du mal à respirer, j’ai pris la tisane et le lendemain, j’étais en pleine forme.

 

C. : Tu n’as aucune preuve que les deux événements soient liés. Si ça se trouve, c’est ton système immunitaire qui a fait tout le boulot.

 

M. : Ou peut-être que c’était l’infusion. Bon, alors tu bois ?

 

C. : Non.

 

M. : Si tu ne bois pas, je refuse que tu dormes dans la chambre ce soir. Avec tous tes microbes qui seront totalement libres de se développer et de migrer dans mon organisme….

 

C. : Tant pis, je coucherai sur le canapé, ça ne me dérange pas.

 

M. : Si tu ne bois pas, je ne te parlerai plus de toute la soirée.

 

C. : Tant mieux, ça me fera des vacances.

 

M. : Si tu ne bois pas…

 

C. : Tu n’as pas remarqué que tes menaces n’avaient aucun effet sur moi ?

 

M. : Oui, mais là je crois que je viens de trouver l’arme fatale. Si tu ne bois pas, j’appelle ta mère, ta tante et ta sœur et je leur explique que tu es très malade et que tu refuses absolument de te soigner.

 

C. (horrifié) : Ah non, pas ça !

 

M. : Telles que je les connais, elles vont débarquer toutes les trois avec des remèdes cent fois pires que le mien. Et je crois me souvenir que pour ta tante, le moyen le plus efficace de lutter contre la maladie est le recours aux suppositoires, non ?

 

C. : Non, ne fais pas ça, je vais boire, je vais boire !

 

Il porte le bol à ses lèvres, hésite une nouvelle fois.

 

M. : Allez, dépêche-toi, après, j’ai une super surprise pour toi, tu vas voir, tu vas t’amuser.

 

Mon Chéri commence enfin à boire, fait la grimace mais termine courageusement le bol.

 

M. : Tu as tout bu ? Parfait.

 

C. : Et ma surprise ?

 

M. : Oui tout de suite, viens.

 

C. : Où est-ce que tu m’emmènes ?

 

M. : Dans la salle de bain.

 

C. : La salle de bains ?

 

M. : Oui, dans le livre, c’était marqué qu’un autre remède très efficace contre le rhume ; c’était les gargarismes à l’eau chaude salée. Je vais le faire avec toi et on va organiser des concours de celui qui tient le plus longtemps, comme en colo. Tu vas voir, ça va être génial !

 

 

 

 

 

 

 

 

Par maguy
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Mercredi 19 novembre 2008

Hier soir

 

Moi : Chéri, tu te souviens que bientôt c’est mon anniversaire ?

 

Chéri : Voyons…. Dans la mesure où tu me l’as rappelé hier, avant-hier, et ah oui ! que tu as aussi fait une allusion discrète à ce sujet il y a trois jours, je crois que je ne risque pas de l’oublier.

 

Moi : Et tu as déjà pensé à un cadeau ?

 

Chéri : Peut-être.

 

Moi : Et tu l’as déjà acheté ?

 

Chéri : Peut-être.

 

Moi : Et ce sera quoi ?

 

Chéri : Ah, ça, je ne te le dirai pas !

 

Moi (inquiète) : Mais tu vas quand même me faire un cadeau, n’est-ce pas ?

 

Chéri (indigné) : Evidemment, tu me prends pour qui ?

 

M. : Mais tu ne veux pas me dire ce que c’est ?

 

C. : Non.

 

M. : Mais pourquoi ?

 

C. : Parce que sinon ce ne sera plus une surprise.

 

M. : Mais de toute façon, il est pour moi, ce cadeau. Je saurai bien ce que c’est, un jour !

 

C. : Oui, mais pas avant le jour de ton anniversaire !

 

M. : Mais pourquoi ?

 

C. : Parce que je veux pouvoir lire la joie et la surprise sur ton visage lorsque je t’offrirai mon cadeau.

 

M. : Je n’en serai pas si sûre à ta place !

 

C. : Qu’est-ce que tu veux dire ?

 

M. : Suppose que ton cadeau ne me plaise pas du tout. Dans ce cas-là, ce sera le dégoût et l’horreur que tu liras sur mon visage si toutefois tu parviens à lire quoi que ce soit avant que je te le jette à la figure. Alors que si tu me dis à l’avance quel sera mon cadeau, je pourrai te prévenir que je ne l’aime pas et t’éviter cette scène.

 

C. : Ca se tient, comme argumentation.

 

M. : Alors, tu vas me dire ce que c’est ?

 

C. : Non.

 

M. : Mais tu viens de dire que mon raisonnement se tenait.

 

C. : Oui, mais je vais prendre le risque.

 

M. : Bon, alors si tu ne veux pas me dire ce que c’est, tu peux au moins me donner un indice.

 

C. : Non.

 

M. : Il est petit ? Il est grand ? Il est de quelle couleur ?

 

C. : Je ne te dirai rien.

 

M. : Il sert à quelque chose ou il est simplement joli ? C’est un bijou ? Un sac à main ?

 

C. : Mais tu as entendu ce que je viens de te dire ?

 

M. (boudeuse) : Ce n’est pas juste.

 

C. : Mais c’est comme ça. Tu devras patienter jusqu’à ton anniversaire.

 

M. : Est-ce que tu peux au moins me dire juste une chose ?

 

C. : Demande toujours, on verra bien.

 

M. : Quels ont été tes critères de sélection ?

 

C. : Je ne suis pas sûr de bien comprendre ta question.

 

M. : Je veux dire : sur quoi t’es-tu basé pour faire ce cadeau ? Comment as-tu fait pour choisir celui-ci et pas un autre ?

 

C. : Eh bien, j’ai réfléchi.

 

M. : Et ?

 

C. : Et c’est tout.

 

M. : Tu n’as pas eu recours à une aide extérieure ? Tu n’as pas pris l’avais de ta sœur ou d’une collègue de ton bureau ?

 

C. : Non

 

M. (la tête entre les mains) : Alors c’est fichu.

 

C. : Quoi ?

 

M. : Chéri, ce n’est pas que je veuille dénigrer tes capacités en matière de choix de cadeau mais tu penses vraiment que tu pourrais trouver TOUT SEUL un cadeau qui me plaise ?

 

C. : C’est ce que j’avais pensé, oui.

 

M. : Permets- moi d’émettre de sérieux doutes.

 

C. : Tu me sous-estimes peut-être ?

 

M. : Oui, peut-être, mais dans ton intérêt, je crois vraiment que tu devrais me dire ce que c’est pour être totalement sûr que tu n’es pas complètement à côté de la plaque.

 

C. : Bon, j’ai une proposition à te faire.

 

M. : Laquelle ?

 

C. : Je ne te dis rien et tu ne me harcèles plus jusqu’à ton anniversaire. Là, si le cadeau que je t’offre ne te plaît pas, tu auras le droit de l’échanger contre ce que tu voudras.

 

M. : Je pourrais l’échanger contre ce que je voudrais ?

 

C. : Dans les limites du raisonnable.

 

M. : Bon j’accepte mais à une condition : je pourrais choisir un cadeau d’une valeur supérieure à celle du cadeau que tu m’as fait.

 

C. : Et pourquoi ?

 

M. : En compensation du préjudice moral que j’aurai subi d’avoir reçu un cadeau qui ne correspondait pas du tout à mes désirs.

 

C. : Et tu le chiffres à combien, ce préjudice moral ?

 

M. : 50% de la valeur de ton cadeau.

 

C. : 25%

 

M. : 30% et c’est mon dernier mot.

 

C. : Va pour 30%.

 

M. : Mais, étant donné que j’ai revu la valeur à la baisse, tu ne pourrais pas me donner au moins un minuscule indice ?

 

 

 

Par maguy
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