Ca ne manque pas de sel
A table
Chéri : Chérie, peux-tu me passer le sel, s’il te plaît ?
Moi : Pour quoi faire ?
Chéri : Je réfléchis à un numéro de jonglage avec le sel, le poivre et les herbes de provence.
Moi : Quoi ?
Chéri : Je plaisantais. En fait, ça va certainement beaucoup te surprendre mais je voulais du sel pour en rajouter sur mon omelette.
M. : J’ai déjà salé cette omelette.
C. : Peut-être, mais je voudrais rajouter un peu de sel. Ca pose un problème ?
M. : Tu sais que consommer trop de sel, c’est dangereux pour la santé.
C. : Oui, je le savais mais merci de me le rappeler.
M. : Cela peut engendrerde l' hypertension et des problèmes cardio-vasculaires.
C. : Quelle horreur !
M. : L’excès de sel provoque chaque année plusieurs milliers de décès.
C. : C’est tragique. Maintenant, tu peux me passer le sel ?
M. : Quoi ? Après tout ce que je t’ai dit, tu veux quand même rajouter du sel dans tes aliments !
C. : Juste un tout petit peu.
M. : Tu n’as pas compris ce que je viens de dire ?
C. : J’ai très bien compris mais je suis quelqu’un qui aime vivre dangereusement et je veux courir ce risque insensé.
M. : Non, je ne peux pas te le passer.
C. : Comment ça, tu ne peux pas ? Il est sur l’armoire juste derrière toi, tu n’as qu’à tendre le bras.
M. : Si je fais ça, je vais me sentir responsable de ta consommation excessive de sel..
C. : Tu veux que je te signe une décharge ?
M. : C’est comme si j’approuvais que tu mettes plus de sel, que j’étais complice.
C. : Ne t’inquiète pas, devant un tribunal, je suis sûr que tu aurais les circonstances atténuantes !
M. : Non, mais tu ne te rends pas compte, si tu devais avoir des problèmes de santé par la suite, je m’en voudrais terriblement de ne pas t’avoir dissuadé, je..
C. : Eh bien, tu le mettras sur mon épitaphe : ci-gît X tué par sa consommation excessive de sel alors que le grand amour de sa vie l’avait pourtant prévenu plus de dix mille fois.
M. : C’est moi, le grand amour de ta vie ?
C. : Qui veux-tu que ce soit, la voisine ?
M. : Oh, merci mon cœur, c’est trop gentil !
C. : Je peux avoir le sel, maintenant ?
M. : Bien sûr, mon chéri !