Hoquet
Mon Chéri et moi nous trouvons dans la salle à manger et discutons tranquillement. Tout à coup …
Moi : Hic !
Chéri : Tiens, ça faisait longtemps !
Moi : Hic ! Mais qu’est-ce qui Hic ! m’arrive ?
Chéri : Sans être médecin, je dirais que ça ressemble étrangement à une crise de hoquet.
Moi : Hic ! Oui, ça j’avais compris Hic ! je ne suis pas stupide Hic ! Et qu’est-ce que Hic ! je fais maintenant ?
Chéri : Dans ces cas-là, on doit retenir sa respiration, non ?
Moi : Combien de Hic ! temps ?
Chéri : Jusqu’à ce que je te dise stop. Je compte jusqu’à trois et à trois tu commences à retenir ta respiration jusqu’à ce que je te le dise. Attention, tu es prête : un, deux, trois, partez !
Je commence à retenir ma respiration. Mon Chéri m’observe, très amusé. Petit à petit, je commence à avoir mal au ventre. Mon cœur bat la chamade et mes tempes cognent. Je lance des regards suppliants à Mon Chéri qui ne réagit pas. Puis, au moment où ma tête va exploser :
Chéri : C’est bon, tu peux respirer.
Moi : Mais ça ne va pas ? Tu es complètement malade ?
C. : Quoi ?
M. : C’était une tentative de meurtre, c’est ça ? Tu voulais que je meure par asphyxie ? C’est pour toucher l’argent de mon assurance-vie, c’est ça ?
C. : Mais non pas du tout. D’ailleurs tu es encore vivante, non ?
M. : C’était moins une.
C. : Et par ailleurs, j’ai l’impression que ton hoquet est passé.
M. : Ah, peut-être .. Hic ! non.
C. : Tu ne veux pas essayer de boire un grand verre d’eau d’un trait ?
M. : Ca marche, ça ?
C. : Il paraît.
J’accompagne Mon Chéri dans la cuisine où il prend une tasse et la remplit d’eau.
M. : Tu n’avais pas Hic ! parlé d’un « verre ».
C. : Mais nos verres sont trop petits. Plus il y a de liquide, mieux c’est.
M. : Hic ! Je dois boire toute la tasse ? Hic !
C. : Non, seulement le liquide qu’il y a dedans.
Je commence à boire. Evidemment, avant la moitié, j’avale de travers, je m’étrangle et me mets à produire toute sorte de sons bizarres : toussotement, hoquets et râles mêlant les deux. Mon Chéri est mort de rire.
Moi (tentant désespérément de reprendre mon souffle) : Han-han… arrgh… Hic ! Merci beaucoup Hic ! très charitable Hic ! Je souffre et toi tu restes Hic ! là à te marrer.
Chéri (tout sourire) : Attends, je viens de me rappeler un truc. Ca marche beaucoup mieux quand on boit la tête en bas. Tu ne veux pas essayer ?
M. : Tu verras Hic ! la prochaine fois Hic ! que tu seras malade Hic ! moi aussi je resterais là à me moquer Hic ! de toi.
C. : Mais tu n’es pas malade, tu as juste le hoquet.
M. : Le hoquet Hic ! peut parfois être une maladie très grave.
C. : Tu veux que j’appelle le médecin ? Le SAMU ?
M. : Je ne plaisante Hic ! pas. Il y a des gens qui Hic ! ont le hoquet pendant des mois Hic ! et même des années. J’ai même Hic ! entendu parler de quelqu’un qui l’a eu pendant plus de Hic ! cinquante ans.
C. : C’est vrai ?
M. : Est-ce que tu me quitterais Hic ! s’il s’avérait que j’avais Hic ! le hoquet à vie ?
C. (hésitant) : Eh bien..
M. : Tu me quitterais ? Espèce de Hic ! c...ard ! Ah, les hommes, vous êtes bien tous les mêmes Hic ! Quand tout va bien, vous êtes là mais à la première difficulté, vous prenez Hic ! les jambes à votre cou.
C. : Chérie…
M. : Et quand on vous demande un coup Hic ! de main, c’est toujours pareil. Même quand c’est trois fois rien, vous faites des histoires Hic ! . Et les rares fois où vous nous aidez, vous en faites des tonnes. Limite, il faudrait vous remettre une médaille parce que vous avez passé l’aspirateur ! Mais attends un peu, mon petit vieux, attends la prochaine fois que tu auras besoin d’aide. Quelle que soit l’aide en question, je vais prendre un énorme plaisir à t’envoyer bouler et te tourner en dérision comme tu le fais régulièrement avec toi…
C. : Hé, tu ne remarques rien ?
M. : …
C. : Tu n’as plus le hoquet !
M. : Mais oui, c’est vrai !
C. : Et tout ça grâce à moi.
M. : A toi ? Explique moi un peu comment ça pourrait être grâce à toi ?
C. : Souvent, en se concentrant sur autre chose, on arrive à faire passer le hoquet. Là, quand tu t’es énervé contre moi, tu as pensé à autre chose et du coup ton hoquet est passé.
M. : Tu veux dire que tu t’es comporté comme un idiot exprès pour me distraire et me faire oublier mon hoquet.
C. : C’est ça.
M. : Oh, merci Chéri !
C. : De rien.
M. : Mais du coup une question me vient à l’esprit : toutes les fois où tu t’es comporté de façon stupide et que je n’avais pas le hoquet, c’était quoi la raison ?