Le cadeau d'anniversaire
Hier soir
Moi : Chéri, tu te souviens que bientôt c’est mon anniversaire ?
Chéri : Voyons…. Dans la mesure où tu me l’as rappelé hier, avant-hier, et ah oui ! que tu as aussi fait une allusion discrète à ce sujet il y a trois jours, je crois que je ne risque pas de l’oublier.
Moi : Et tu as déjà pensé à un cadeau ?
Chéri : Peut-être.
Moi : Et tu l’as déjà acheté ?
Chéri : Peut-être.
Moi : Et ce sera quoi ?
Chéri : Ah, ça, je ne te le dirai pas !
Moi (inquiète) : Mais tu vas quand même me faire un cadeau, n’est-ce pas ?
Chéri (indigné) : Evidemment, tu me prends pour qui ?
M. : Mais tu ne veux pas me dire ce que c’est ?
C. : Non.
M. : Mais pourquoi ?
C. : Parce que sinon ce ne sera plus une surprise.
M. : Mais de toute façon, il est pour moi, ce cadeau. Je saurai bien ce que c’est, un jour !
C. : Oui, mais pas avant le jour de ton anniversaire !
M. : Mais pourquoi ?
C. : Parce que je veux pouvoir lire la joie et la surprise sur ton visage lorsque je t’offrirai mon cadeau.
M. : Je n’en serai pas si sûre à ta place !
C. : Qu’est-ce que tu veux dire ?
M. : Suppose que ton cadeau ne me plaise pas du tout. Dans ce cas-là, ce sera le dégoût et l’horreur que tu liras sur mon visage si toutefois tu parviens à lire quoi que ce soit avant que je te le jette à la figure. Alors que si tu me dis à l’avance quel sera mon cadeau, je pourrai te prévenir que je ne l’aime pas et t’éviter cette scène.
C. : Ca se tient, comme argumentation.
M. : Alors, tu vas me dire ce que c’est ?
C. : Non.
M. : Mais tu viens de dire que mon raisonnement se tenait.
C. : Oui, mais je vais prendre le risque.
M. : Bon, alors si tu ne veux pas me dire ce que c’est, tu peux au moins me donner un indice.
C. : Non.
M. : Il est petit ? Il est grand ? Il est de quelle couleur ?
C. : Je ne te dirai rien.
M. : Il sert à quelque chose ou il est simplement joli ? C’est un bijou ? Un sac à main ?
C. : Mais tu as entendu ce que je viens de te dire ?
M. (boudeuse) : Ce n’est pas juste.
C. : Mais c’est comme ça. Tu devras patienter jusqu’à ton anniversaire.
M. : Est-ce que tu peux au moins me dire juste une chose ?
C. : Demande toujours, on verra bien.
M. : Quels ont été tes critères de sélection ?
C. : Je ne suis pas sûr de bien comprendre ta question.
M. : Je veux dire : sur quoi t’es-tu basé pour faire ce cadeau ? Comment as-tu fait pour choisir celui-ci et pas un autre ?
C. : Eh bien, j’ai réfléchi.
M. : Et ?
C. : Et c’est tout.
M. : Tu n’as pas eu recours à une aide extérieure ? Tu n’as pas pris l’avais de ta sœur ou d’une collègue de ton bureau ?
C. : Non
M. (la tête entre les mains) : Alors c’est fichu.
C. : Quoi ?
M. : Chéri, ce n’est pas que je veuille dénigrer tes capacités en matière de choix de cadeau mais tu penses vraiment que tu pourrais trouver TOUT SEUL un cadeau qui me plaise ?
C. : C’est ce que j’avais pensé, oui.
M. : Permets- moi d’émettre de sérieux doutes.
C. : Tu me sous-estimes peut-être ?
M. : Oui, peut-être, mais dans ton intérêt, je crois vraiment que tu devrais me dire ce que c’est pour être totalement sûr que tu n’es pas complètement à côté de la plaque.
C. : Bon, j’ai une proposition à te faire.
M. : Laquelle ?
C. : Je ne te dis rien et tu ne me harcèles plus jusqu’à ton anniversaire. Là, si le cadeau que je t’offre ne te plaît pas, tu auras le droit de l’échanger contre ce que tu voudras.
M. : Je pourrais l’échanger contre ce que je voudrais ?
C. : Dans les limites du raisonnable.
M. : Bon j’accepte mais à une condition : je pourrais choisir un cadeau d’une valeur supérieure à celle du cadeau que tu m’as fait.
C. : Et pourquoi ?
M. : En compensation du préjudice moral que j’aurai subi d’avoir reçu un cadeau qui ne correspondait pas du tout à mes désirs.
C. : Et tu le chiffres à combien, ce préjudice moral ?
M. : 50% de la valeur de ton cadeau.
C. : 25%
M. : 30% et c’est mon dernier mot.
C. : Va pour 30%.
M. : Mais, étant donné que j’ai revu la valeur à la baisse, tu ne pourrais pas me donner au moins un minuscule indice ?