Desperate housewives
Mon Chéri et moi sommes devant la télé et regardons Desperate housewives.
Moi : Chéri ?
Chéri : Oui ?
Moi : Tu regardes la série, non ?
Chéri : Oui, bien sûr !
M. : Parce que j’ai l’impression que tu ne faisais pas très attention.
C. : Mais si, mais si.
M. : Si tu ne fais pas attention, tu vas être complètement perdu. Ca passe très vite d’un personnage à l’autre et il faut être sur le qui-vive pour ne rien manquer.
C. : Mais je t’assure que je suis très attentif.
La série continue. Je vois les yeux de Mon Chéri se fermer peu à peu et il commence à somnoler sur le sofa.
Chéri (se réveillant en sursaut) : Ah !!
Moi : Alors, bien dormi ?
Chéri : Mais je ne dormais pas.
M. : Tu veux rire ? Ca fait un quart d’heure que tu ronfles.
C. : Tu exagères.
M. : Pas du tout. Ca t’arrive pourtant rarement de t’endormir devant la télé. Et il n’est même pas encore 10 heures.
C. : Oui, c’est vraiment surprenant.
M. : Je ne comprends pas. Cette série est pourtant très bien faite, drôle et pleine de rebondissements. Comment as-tu pu t’endormir au moment où Gaby apprenait qu’Edie voyait Carlos ?
C. : Je me le demande.
M. : Il y a un problème ? Tu peux tout me dire, tu sais.
C. : Le problème, c’est qu’elle m’emmerde, ta série ! Susan va-t-elle choisir Ian ou Mike ? Est-ce que Lynette va tomber amoureuse du nouveau restaurateur ? Tout ça, je m’en fous ! Je m’ennuie comme c’est pas possible. C’est ma torture du mardi soir !
M. : Je ne comprends pas.
C. : Oui, je sais. Comment est-ce que je peux oser, une série aussi géniale où il se passe tellement de choses, etc.
M. : Non, pas ça. Je conçois parfaitement que tu ne l’aimes pas, j’ai toujours pensé que c’était plutôt une série pour les hommes. Ce que je ne comprends pas, c’est pourquoi est-ce que tu la regardes si elle te déplaît tant que ça ?
C. : Euh…
M. : Et ne va surtout pas dire que c’est moi qui te force. Je ne t’ai jamais obligé à regarder quoi que ce soit et si tu n’as pas envie, si tu préfères lire ou aller sur l’ordinateur, il n’y a aucun problème.
Mon Chéri ne bouge pas.
Moi : Tu restes là ?
Chéri : Je préfère rester avec toi.
M. : Regarder une série que tu n’aimes pas ? Je trouve ça très bizarre.
C. : Je veux juste te tenir compagnie.
M. : Bon allez, trêve de bobards, explique-toi maintenant : qu’est-ce qui te pousse à regarder cette série ?
C. : Mais je t’assure …
M. : Et je veux la vérité !
C. : C’est à cause des filles au bureau.
M. : Quoi ?
C. : Les collègues féminines parlent toujours de Desperate Housewives, le mercredi matin. Elles se réunissent devant la machine à café et commentent tout ce qui s’est passé la veille. La plupart des hommes au bureau ne savent même pas de quoi elles parlent alors depuis qu’un jour, j’ai commencé à mentionner Bree, Susan, et tout ça, je suis devenu le mec super cool. On est une grosse boîte, tu sais, mais j’ai l’impression que toutes les filles me connaissent et elles me sourient aussi beaucoup plus depuis cet épisode.
J’attrape la télécommande et change de chaîne.
Chéri : Qu’est-ce que tu fais ?
Moi : J’ai changé d’avis, je veux regarder James Bond.
Chéri : Mais….
Moi : Toi, tu te tais. Et dorénavant, je t’interdis de regarder ne serait-ce qu’un seul épisode de Desperate Housewives.