Prête moi ta main
Après avoir vu le film Prête-moi ta main sur TF1 hier soir
Moi : Dis donc, c’est complètement dingue, cette histoire ! Tu ferais ça, toi ?
Chéri : Quoi donc ?
Moi : Eh bien, payer une femme pour faire semblant d’être ta fiancée.
Chéri (plongé dans un abîme de réflexion) : Hum…euh… non bien sûr que non.
Moi (incrédule) : Tu le ferais ?!!
C. : Je viens de te dire que non, tu connais le sens de ce mot ?
M. : Arrête, tu as réfléchi pendant une heure avant de répondre, bravo la spontanéité. Je pouvais presque entendre ton cerveau fonctionner : « Bon, la réponse est oui, mais si je lui dis ça, elle va encore râler, alors allons-y, un non catégorique avec un petit air indigné pour souligner la sincérité du propos. »
C. : Apparemment, c’était un mauvais calcul puisque tu râles quand même.
M. (triomphante) : Ah ! Alors tu le reconnais : tu serais prêt à le faire !
C. : Mais euh..enfin ça dépend des circonstances. En temps normal, non, mais là, ce type, il y avait quand même sa mère et ses sœurs qui le harcelaient pour qu’il se marie, si on m’avait fait la même chose, peut-être que j’aurais réagi pareil.
M. : Tu aurais payé une femme pour qu’elle se fasse passer pour ta fiancée ?
C. : Je ne vois pas pourquoi ça te choque à ce point-là : je ne la paierais pas pour coucher avec moi, juste pour raconter à tout le monde qu’elle est ma fiancée.
M. : Et tu irais jusqu’à combien ?
C. : Pourquoi est-ce que tu me demandes ça ?
M. : Pour voir combien je peux me faire sur ce coup-là.
C. : Quoi ?
M. : Eh bien oui : si tu es prêt à payer pour être avec une femme, je serais bien bête de ne pas en profiter.
C. : Mais ce n’est pas du tout ce que j’ai dit, j’ai juste dit que…
M. : Tu as dit que tu étais prêt à payer une femme pour qu’elle répande la rumeur qu’elle est ta fiancée. Je veux bien le faire contre rémunération.
C. : Mais toi, tu ES ma fiancée.
M. : Oui, et selon toi, cela mérite une compensation financière. Je n’avais pas vu les choses sous cet angle mais si tu insistes…
C. : Non, moi, tout ce que j’ai dit, c’est qu’à la place de ce type, je ferais la même chose. Mais je ne suis pas à sa place : personne ne fait pression sur moi pour que je me marie et donc je n’ai pas besoin de payer quelqu’un pour la faire passer pour ma femme.
M. : Bon, ça valait le coup d’essayer.
C. : D’ailleurs, dans ce film, c’est le personnage d’Alain Chabat que je plains le plus : sa soi-disant fiancée lui en fait quand même voir de toutes les couleurs. Franchement, je sais bien que c’est ce qu’il lui demandait de faire mais je suis effaré par la facilité qu’elle avait à se montrer odieuse. Je ne pensais pas qu’une femme serait capable de se comporter comme elle l’a fait.
M. : Chéri, je crois que tu ne connais pas très bien les femmes. La plupart d’entre elles ont beaucoup d’imagination quand il s’agit de faire souffrir quelqu’un qui les a blessées. Moi, par exemple, si je voulais être odieuse avec toi, je sais très bien ce que je ferais.
C. : Ah oui ? Et alors que ferais-tu ?
M. : Eh bien, d’abord, je mettrais des punaises dans toutes tes chaussures.
C. : Tu ferais ça ?!!
M. : Ce n’est que le début ! Je te cacherais ta voiture, aussi ! Et je déchirerais toutes tes revues de maths !
C. : Quoi ?
M. : Et j’appellerais ta sœur aussi !
C. : Ma sœur ?
M. : Oui, je lui dirais que tu lisais régulièrement son journal intime quand elle était ado.
C. : Mais je n’ai jamais fait ça !
M. : Et après j’appellerais ton patron !!
C. : Mon patron ?!!
M. : Et je lui dirais que ça fait des mois que tu complotes avec tes collègues pour prendre sa place ! Et ensuite, je….
C. : Ca va, ça va, j’ai compris ! Je m’incline devant autant de machiavélisme. Mais je dois dire que je suis estomaqué par ta capacité à trouver aussi spontanément autant de méchancetés.
M. : Spontanément ? Mais ce n’est pas du tout spontané ! C’est toi qui m’a provoqué en prétendant que les femmes étaient des êtres doux et gentils !
C. : N’empêche, je crois que je vais regarder soigneusement l’intérieur de mes chaussures avant de les mettre. Et tant que j’y suis, je vais planquer mes clefs de voiture !